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 un parfum d'antan ~ pv

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Amaury du Phœnix
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MessageSujet: un parfum d'antan ~ pv   Lun 4 Nov - 19:27


Y avait-il encore une parcelle de ces lieux qu'il n'aurait pas foulé de ses pieds ? Y aurait-il un endroit au monde qu'il connaisse mieux que celui-ci ? Le vent caressait son visage, glacé, une petite pluie fine s'était abattue sur les terres de l'Ombre. En cette fin d'après-midi comme les autres, Amaury avait décidé de patrouiller un peu, seul. Il avait ressenti le besoin de s'isoler un peu, après une journée entière passée au château. Bien entendu, s'il l'avait pu, il aurait passé ce temps libre avec Cassandre, mais elle avait sûrement mieux à faire. Elle était désormais Seigneur. Et c'était une bonne chose. La Maison de l'Ombre allait enfin pouvoir connaître la paix. Qu'était-il advenu de William ? Il n'en avait pas la moindre idée. Quelques fois, Amaury se surprenait à se poser la question. Mais, l'instant d'après, il se souvenait de toute la haine et de toute l'agressivité de son fils, et aussitôt, il oubliait. Il oubliait ses inquiétudes. Il ne pouvait pas continuer de défendre celui qui avait tout fait pour le priver de bonheur. Il ne pouvait plus désormais cautionner tout ce que William avait établi depuis qu'il était devenu Seigneur. Les temps changent. La vie suit son cours. Il était désormais avec Cassandre, et ils attendaient des enfants. À nouveau. C'était quelque chose de beau, de précieux. Il allait refaire sa vie. Une nouvelle fois – une dernière, sans doute. Connaître la paix, en finir avec ses vieux démons. Il était apaisé. Il continuait de tracer son petit bonhomme de chemin, et il savait qu'il avait déjà passé bien plus de la moitié de sa vie. Il devait profiter de chaque instant. Chaque seconde.
Amaury était un marcheur, il appréciait ne pas avoir à prendre de monture. Cela prenait plus de temps, certes, mais ainsi cela lui permettait de se libérer l'esprit. Il n'avait pas à faire attention à quoi que ce soit, ses gestes étaient mécaniques, et sa pensée filait au vent. Il approchait du village, là où il pourrait peut-être échanger quelques peaux qu'il transportait dans un sac contre un peu de beurre et de farine. Il avait revêtit en cette froide journée un long manteau de fourrure, ni trop fin, ni trop épais, et des bottes de cuir. Son épée, prise plus par habitude que par réel usage, tenait dans son fourreau, noué à sa ceinture. Il avait noué ses cheveux derrière sa nuque, sûrement avait-il songé à se les couper bientôt. Ses traits s'étaient creusés et il commençait à prendre de réelles marques de vieillesse. Tout cela l'amusait et à la fois, le rendait nostalgique. Il lui semblait que les années passaient bien vite. S'il avait été croyant, sûrement aurait-il pris la peine d'adresser quelques prières aux Ancêtres, dédier quelques messages à ses proches disparus. Mais si sa haine pour les Aïeux avait disparu, il n'en était pas pour autant devenu fervent croyant. Il se contentait alors simplement de pensées fugitives. Il puisait dans son passé quelques ressources pour croire en l'avenir. Mais c'était au présent qu'il accordait le plus de son temps désormais. Il n'était plus dans la nostalgie permanente comme il avait pu l'être. Il ne pouvait rester enfermé là-dedans, il savait trop bien où cela pouvait mener. Et puis, il y avait parfois quelque chose de douloureux dans ce qu'il avait vécu. Il y avait ceux qui étaient morts, ceux dont le sort était inconnu.
Le village grossissait au fur et à mesure qu'il s'avançait dans sa direction. Il n'était désormais plus qu'à une centaine de mètres. Autour de lui, il n'y avait pas âme qui vive. Seulement au loin, quelques paysans affairés à charger une charrette. Et c'était tout. Ce n'était pas un temps pour sortir. Amaury n'était pas gêné par la bruine. Il ne voyait déjà pas bien clair de toute façon. Il lui arrivait parfois que la pluie brûle ses vieilles cicatrices, mais il savait que ce n'était que mirage. Tout cela ne pouvait être. Il vivait avec un œil en moins depuis sa jeunesse, il avait eu des années pour s’accommoder à cela. Voilà longtemps que les regrets s'étaient taris, car ils ne servaient qu'à torturer son cœur. Lorsque le paladin arriva à l'entrée du village, on le reconnut assez aisément et il put saluer quelques visages familiers. Il conversa quelques instants avec certains d'entre eux, puis ouvrit son sac et découvrit ses dernières trouvailles. On le fit entrer dans une petite boutique où l'échange fut effectué. L'instant d'après, une grosse motte de beurre et un sac de farine avaient remplacé les peaux. Amaury commença à rebrousser chemin, après un bref salut. Tout cela s'était fait rapidement, le voyage était toujours plus long, et cela ne le dérangeait que bien peu.
Alors qu'il s'avançait à nouveau sur la route qui menait au château de la Maison de l'Ombre, il fut pris d'un étrange pressentiment et s'arrêta.

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Ilysia de la Griffe
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MessageSujet: Re: un parfum d'antan ~ pv   Mar 5 Nov - 21:16


    De là où je me tiens, fermement campée sur le dos de cette jument qui me porte depuis tant d'années, je peux entrapercevoir à travers la brume les hautes tours du château qui fut jadis ma demeure. Je me souviens désormais des odeurs qui m'entourait du réveil au coucher, du tintement de l'acier et du frottement du cuir des armures des paladins avec lesquels je m’entraînais, autrefois considérée que je fus comme leur égaux. Je me souviens de tout; de l'odeur de pain chaud, de viande et de vin entourant l'office, du chant des geais au petit matin, du hululement de la chouette à la nuit tombée, sans oublier le visage des servantes fourmillant à travers les couloirs, et les faciès souriants des nourrices qui, douces, s'occupaient de mes enfants mieux que je ne l'aurais fait lors de mes premières lunes en tant que mère. Il faut dire que je n'avais rien d'une femme à cette époque... Ah, époque bénie des jours où le soleil me souriait lui aussi, ou je prenais plaisir à chacun des ordres qui m'était donné, ou je me sentais utile et en paix, même en temps de guerre. De nombreux plaisirs éphémères couvent cette partie de ma vie que je chéris, et même si je sais qu'un retour en arrière et qu'un pardon n'est plus possible - la maison de l'Ombre est ainsi, forte et dirigiste, et je l'accepte humblement - je ne peux m'empêcher de repenser à cette époque et à continuer de les soutenir, fut-ce dans les ténèbres les plus totales.

    Qui aurait besoin de reconnaissance après avoir péché auprès des siens ?

    Je mérite mon exil, cette vie de solitaire baguenaudant à travers champs et marécages sans point de repère si ce n'est mon cheval, et je ne chercherais jamais la pitié des autres. J'ai appris à vivre de moi-même, pour moi-même, et même si tout cela me semble bien morne en comparaison de mon ancienne vie, je ne peux que me réjouir d'avoir réussit à tourner la page, même si le chapitre de mon passé ne s'effacera jamais, éternel écrit me hantant certains soirs. Mais aujourd'hui au moins, je me sens bien... Je stoppe ma monture au bord d'une route boueuse et met souplement pied à terre tout en retirant ma capuche, laissant ma chevelure d'un or presque neige se dévoilait et glisser le long de mon dos.

    Je ne crains pas d'être reconnue. Qui le ferait ? Autrefois parfois traitée d'homme, mes cheveux étaient toujours coupés au plus court contre ma nuque, afin de n'être jamais une gêne lors d'un combat. La métamorphose est telle que j'ai pu rencontrer plusieurs anciens de mes coéquipiers sans qu'ils ne me reconnaissent... Oh bien sûr certains l'ont fait, avec quelques difficultés, mais au final cela change t-il quelque chose ? Bien que je ne sois plus qu'une vagabonde, ils n'ont pas cherchés à me chasser. Est-ce à cause de l'épée accrochée à ma ceinture, parce qu'ils ont pitié de ce que je suis devenue ou parce qu'ils m'eurent appréciée autrefois ? Au diable tout ces questionnements, je me savais en sécurité en tant que simple femme, et je ne craignais ni les hommes pensant pouvoir obtenir mes faveurs comme celle d'une courtisane, et encore moins ceux tentant de s'approcher plus élégamment... Même après toutes ces années, mon cœur est toujours pris... Bien qu'une carapace l'enrobe désormais.

    Oubliant tout ces tracas, j'attrape les rênes de Flocon pour la stabiliser et va vers son dos, là où repose un paquet sommairement emballé et qui commence à attirer quelques curieuse mouches. Un jeune daim que j'ai trouvé et tué, et qui me ramènera assez de viande séchée pour tenir quelques semaines, ainsi que de quoi nourrir ma seule compagne. Je me redresse et attrape le lourd colis, reculant tout en le glissant sur mon épaule... Mais la jument, toujours quelque peu farouche dans son comportement malgré le temps passé, bouge au même moment et me pousse vers l'arrière, alors que le poids du jeune animal m'emporte plus facilement... Je manque de m'effondrer, recule précipitamment de plusieurs pas tout en lâchant les rênes, avant de cogner quelqu'un par mégarde. Je grogne, peu désireuse d'attirer l'attention, et me redresse tout en calant mieux l'animal sur mes épaules. Je me retourne aussitôt tout en baissant la tête, discrète comme à mon habitude.

    # Veuillez m'excuser.

    Je sais bien que les gens du petit peuple ne se formalisent guère d'un tel langage, mais certaines habitudes ont la vie dure...
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Amaury du Phœnix
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MessageSujet: Re: un parfum d'antan ~ pv   Mer 6 Nov - 13:32


Il n'avait pourtant pas même entendu le cheval. Un contact, presque léger. L'instant d'après, une femme, une chevelure dorée, elle ne le regarde même pas, elle a baissé la tête. Mais il ne lui en faut pas moins pour la reconnaître, et son premier sentiment laissa place à la stupéfaction, comme si les souvenirs qu'il avait ressassé sur sa route venaient de lui échapper et de se métamorphoser en chimères. Des chimères réelles, vivantes et physiques, un corps qu'il pouvait toucher, un corps qui venait juste de le bousculer. Amaury eut un moment interdit, mais déjà elle s'excusait, et sa voix ne fit que confirmer ce qui n'était déjà plus un doute ; il avait face à lui Ilysia, Ilysia de la Griffe, son ancienne compagne, son ancienne lieutenante aussi, celle avec qui il avait partagé quelques temps sa vie avant qu'elle ne lui échappe, tout simplement. Elle n'avait guère changé – du moins, il ne pouvait percevoir les traces de vieillesse sur son visage, qui fuyait son regard ; mais il reconnaissait sa façon d'être, sa façon de se tenir, sa façon même de s'être excusée, peut-être sans la grâce et la noblesse d'autrefois, celles qui faisaient d'elle un membre à part entière de la Maison de l'Ombre. Elle n'était plus qu'une rôdeuse désormais. Un vif regard lui permit de mieux comprendre la situation, puisqu'elle portait sur ses épaules un daim, et que son cheval, quelque peu agité, rendait la tâche plus pénible.
La stupeur est passée, elle laisse place à de la nostalgie, une vague nostalgie qui le renvoie au fait qu'elle l'avait oublié, et qu'à présent il n'y avait plus rien entre eux. Plus de cette attraction, de cette magie qui l'avait autrefois ensorcelé ; Cassandre était sa compagne désormais, et il n'éprouvait aucun regret à cette pensée. Avait-elle recouvré la mémoire ? Tout cela importait peu ; Amaury ne pouvait rester là, à ne rien faire, il ne pouvait pas faire comme si de rien était, mais il ne pouvait pas non plus retourner dans le passé. Ils étaient étrangers, mais peut-être que des étrangers pouvaient bien s'accorder quelque courtoisie. Il ne laissa pas le temps filer plus longtemps et, avant qu'elle ne s'enfuit à nouveau, se contenta de répondre :
Ce n'est rien. Besoin d'aide ?
Amaury ne voulait pas feindre non plus de ne pas la connaître. Mais elle ne l'avait même pas encore observé, aucun indice ne permettait de savoir si elle reconnaissait l'homme qu'elle avait aimé, ou simplement celui qui avait tenté de l'aider, autrefois, et qui finalement l'avait laissée s'en aller. Il avait d'abord craint que son amnésie la rende plus fragile ; mais il avait sous-estimé sa force, et la voilà de nouveau sur le fief de Cerfblanc. Pourquoi ? Qu'est-ce qui avait bien pu la pousser à revenir ici ? Il n'en avait aucune idée, et sûrement fantasmait-il des réponses qui n'en étaient pas. Ils avaient changé depuis. Quand Ilysia était encore ici, il était un autre homme, bien plus hanté par le passé, bien plus fragile peut-être, ou tout simplement moins sûr de lui. Il l'avait repoussée par dépit, par colère et par vengeance absurde, sans chercher à comprendre. Il s'était montré ingrat, car il s'était senti blessé, et il avait finalement agit comme son fils l'aurait fait, de façon un peu moins agressive. En fin de compte, peut-être cherchait-il simplement à se faire pardonner. Mais réduire cette tentative de contact à cette simple hypothèse serait faux. En vérité, même s'il ne pouvait plus l'aimer, Amaury ne pouvait non plus oublier ce qu'elle avait été pour lui, et il ne pouvait se résoudre à partir sans même s'assurer de savoir ce qu'elle était devenue.
Il s'attendait à ce qu'elle le repousse, oui. Il s'attendait à ce que cette tentative soit vaine, comme la dernière, et qu'il finisse par rentrer bredouille. Il savait qu'il ne s'en contrarierait pas, car au fond il ne pouvait plus faire grand-chose. Il n'espérait pas de miracle, il n'espérait pas qu'elle se déciderait à retourner à la Maison de l'Ombre – il avait l'intime conviction que Cassandre la laisserait revenir, et il savait que sa fidélité pour sa compagne était infaillible et que cela ne changerait rien à la nature de ses sentiments pour elle. Il savait qu'il avait encore quelques restes de ce qui était autrefois une idylle, mais que la faire renaître ne la rendrait pas plus belle, ni plus longue. Il faut parfois savoir renoncer à des choses qui nous donnent envie mais qui ne nous sont d'aucun bien.
Alors à présent, qu'allait-elle faire ?

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MessageSujet: Re: un parfum d'antan ~ pv   Mer 6 Nov - 17:45

    Le daim glissant sur mes épaules moins frêles qu'elles ne le paraissent, je me redresse tout en glissant une main sur mon paquet, le bougeant légèrement pour que le poids soit mieux répartit. Derrière moi la jument piaffe, mais je ne lui accorde aucun regard, ayant l'habitude de ses humeurs. Je relève finalement mon regard azuré vers la personne que j'ai malencontreusement bousculée, et m'apprête à m'excuser et à prendre congé, avant de me rendre compte que ce n'est pas la première fois que je rencontre tel regard...

    Un court instant, je pense me trouve face à l'ancien seigneur du château, William, dont je ne sais la localisation en ce moment, ne pouvant connaitre les histoires de l'Ombre dans les détails désormais. Puis, je me rend compte de ces détails qui me font penser qu'il ne s'agit pas de lui. Son oeil mort ne se trouve pas à cet emplacement, et son visage, plus jeune, n'aurait su être aussi creusé par les âges. Il s'agit d'une tout autre personne et, aussitôt, un nom danse dans mon esprit, sans que je n'ai à y réfléchir. Qu'y d'autre cela pourrait-il être ?

    Je sens alors mon cœur marteler contre ma poitrine, et ramène un instant ma main vers mon sein, avant de stopper mon geste. Des images reviennent alors me hanter, et je me souviens, oh oui je m'en souviens, de ces nuits passées à ses côtés, de ses mains glissant sur ma peau, et de tout le reste... Le seul homme avec qui je partagea de tels geste, si intimes que je ne pensais autrefois ne jamais les connaitre... Bien loin de cette agression qui donna naissance à Lou et à Fenwyn, alors que je devenais tout juste une adulte. Cette acte qui marqua mon esprit au fer chaud, bien que je ne le montra à personne, jamais, me cachant un peu plus depuis lors sous cette carapace d'homme que je m'étais façonnée, et qui avait été fissurée, avant se briser lorsque je découvris cette grossesse indésirable...

    # Amaury...

    Je prononce son mot sans même m'en rendre compte, mes prunelles azurées plongées dans son unique, oubliant ce qu'il venait de dire, trop étonnée pour reprendre correctement mes esprits. Il est là, juste en face de moi, je l'ai bousculé, alors que je pensais ne jamais plus le revoir... Par ailleurs, cela aurait sûrement été plus sage...

    # Combien d'années sont passées, depuis la dernière fois... ?

    Ma voix est aussi douce qu'à l'accoutume, bien qu'il ne m'ait jamais connue de la sorte. Tout a changé depuis que je suis devenue solitaire, que ce soit ce physique féminin que j'assume ou la disparition de ces pulsions qui faisaient de moi une paladin parfois instable... Tout, sauf mon cœur...

    Que dire d'autre après tant d'années... ?
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Amaury du Phœnix
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MessageSujet: Re: un parfum d'antan ~ pv   Mer 6 Nov - 18:12


Leurs regards se rencontrent. Un instant. Son cœur se serre, mais il n'en montre rien, car il peut enfin voir son visage, voir ses traits, la voir, la dévorer du regard – et tout cela vainement, car elle ne lui avait appartenu qu'un temps. Elle aussi avait changé. Elle aussi avait pris un peu d'âge, et puis ses cheveux... Amaury ne quittait pas de la pensée son serment, mais son corps, lui, se rappelait, inexorablement, ce qu'il avait partagé avec elle. Il ne bougea pourtant pas plus, et tenta de continuer d'arborer un air amical indifférent de cette situation, cette situation à laquelle il n'était pas préparée, mais face à laquelle il saurait faire face. Du moins en était-il persuadé. Jusqu'à ce qu'une voix s'élève, une voix qui s'échappait de ces lèvres, mais elle semblait un écho, un écho lointain, comme si on le tirait doucement de ses rêves, comme s'il s'était endormi...
– Amaury...
Il le voit dans ses yeux. Dans son regard. Elle l'a reconnu. Elle a recouvré la mémoire. L'homme se fige, l'homme se glace, et c'est comme s'il revenait des années en arrière, loin de toute la haine qui l'avait éloignée d'elle, sa stupidité d'antan. On croit pouvoir effacer un amour ; mais parfois, les vestiges de celui-ci ne peuvent s'effacer. Amaury comprit qu'il n'était pas encore guéri, et sûrement était-ce dû au fait qu'ils n'avaient jamais pu en parler. Il avait suturé la plaie, parfois difficilement, puis il avait tenté de se priver d'amour, avant que Cassandre ne vienne et ne l'illumine du sien. Il aurait aimé détourner le regard, mais ç'aurait été une preuve de faiblesse, une preuve qu'il ne voulait pas s'avouer à lui-même. Il allait être père. Il aimait une femme, une femme qui l'aimait en retour. Il devait comprendre que tout cela était normal, et qu'il ne devait pas avoir honte d'encore éprouver quelque sentiment vis-à-vis de son ancienne compagne ; cela ne devait pas l'empêcher de rester sur sa ligne, de ne pas se détourner de l'amour véritable, celui qui avait un avenir, celui qui l'attendait au château, là-bas, auprès des siens.
La voix reprend tout de même, et elle est d'une infinie douceur, une douceur presque surprenante, car il ne pensait pas l'entendre ainsi :
– Combien d'années sont passées, depuis la dernière fois... ?
Combien, oui. Amaury ne put s'empêcher de sourire, mais un sourire crispé, un sourire presque inquiet en vérité. Savait-elle ? Savait-elle pour lui et pour Cassandre ? Avait-elle refait sa vie, avait-elle elle aussi trouvé quelqu'un à aimer ? Il espérait, il espérait de tout cœur qu'elle avait trouvé auprès d'elle quelqu'un qui la méritait – mais à la voir ainsi, ici et seule, il comprit rapidement que cela ne devait pas être d'actualité. Amaury se reprend quelque peu. Ils allaient parler, oui. Comme deux vieux amis, deux vieilles connaissances. Il voulait savoir. Savoir ce qu'elle était devenue. Allait-elle bien ? Elle ne semblait pas malheureuse. Elle semblait en bonne santé.
Cela fait bien longtemps que je ne compte plus, répondit-il, et cette petite remarque, enfin, sembla délier son cœur, il se sentit plus apaisé, plus prêt à affronter la réalité des choses – ce petit miracle de la vie qui vous unit parfois à des êtres que vous pensiez ne plus jamais retrouver.
Il hésita enfin, hésita à dire la suite de ce qui lui venait à l'esprit mais, rapidement, il laissa les mots se délier, et simplement reprit :
Où étais-tu ? Cette question trahissait-elle l'inquiétude qu'il avait pu avoir, lorsqu'il l'avait laissée seule la dernière fois ? J'ai cru que jamais plus tu ne te souviendrais de moi. Je pensais que tu allais simplement décliner mon aide pour finalement repartir. Je m'étais fait à l'idée...
Sa dernière phrase, loin de revendiquer le moindre rejet de sa part, comme le rejet qu'il avait pu avoir lors de son dernier véritable retour, marquait au contraire une certaine tristesse. Amaury n'avait pu s'empêcher de le dire. Il ne pouvait le cacher. Il ne pouvait pas lui mentir, il ne pouvait pas feindre de ne pas l'avoir reconnue, feindre qu'il l'avait attendue. Le temps s'était écoulé. Petit à petit, elle était devenue ce que tous ceux qu'il avait aimé étaient devenus ; des souvenirs, des souvenirs à ressasser. Jamais il n'avait pensé à elle au présent. Jusqu'à aujourd'hui.

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