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 poison ~ libre

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Aleksandre de Lierre
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MessageSujet: poison ~ libre   Jeu 7 Nov - 14:56


Empoisonnement

Il avait longuement réfléchi à ce qu'il allait faire. Il n'avait pas pu se résoudre à rester là, assis, sans rien faire. Il avait l'intime conviction de bien agir, mais il savait aussi que s'il échouait, il risquait son rang ; cela dit, il ne se sentait plus d'assumer ses responsabilités désormais, coupé de toute reconnaissance et emprunt de la nostalgie du règne de l'ancien Seigneur. Où donc était passé William des Cendres ? Pourquoi tout le monde faisait comme si son départ était la chose la plus normale au monde ? La colère d'Aleksandre ne tarissait pas au fil des jours ; elle se faisait plus sombre, plus sournoise, plus interne. Il bouillait de l'intérieur sans encore pouvoir mettre à jour ses plans. Il n'avait pas même osé en parler à son père, seul allié dans cette marche contre le diable, de peur de sa réaction. Il ne voulait pas qu'on l'empêche de commettre l'irréparable. Il lui semblait qu'ainsi, justice serait faite. Il avait conscience que cela ne changerait pas grand-chose en soi et que, par la suite, les siens pleurnicheraient un peu avant de se reprendre. Des larmes sales, loin d'être sincères. Aleksandre n'avait plus aucune estime pour ses compagnons d'armes. Il se savait seul et désemparé. Il ne pouvait plus prouver grand-chose à ses amis disparus, ni même protéger ceux qui lui étaient chers. Il n'y avait que son géniteur pour bien vouloir essuyer sa peine, et il regrettait amèrement d'avoir laissé passer son bonheur après celui de sa Maison, Maison dans laquelle il ne se reconnaissait plus. Il lui était triste d'admettre qu'il devait en venir jusque là pour se sentir enfin vivant, il aurait juré ne jamais avoir à faire chose aussi scandaleuse, mais son esprit était hanté par son envie de vengeance et il savait qu'il n'aurait la paix qu'une fois son acte misérable accompli.
Personne ne se méfiait de lui. Il avait certes surpris à fuir ainsi en pleine cérémonie, et sûrement Shaé ne le reverrait plus jamais du même regard ; il avait conscience que son comportement laissait à désirer, mais il était plus qu'agacé de voir que son ancien mentor, depuis qu'elle avait eu le privilège de lui usurper son rêve, se montrait subitement intéressée par la Maison, elle qui ne faisait que aller çà et là, traîner avec on ne sait qui. Ce devait être bien cruel de songer ainsi, mais lui avait consacré toute son énergie pour rien, et il lui était injuste de constater encore et toujours à quel point on ne pensait qu'à récompenser que ceux qui n'en étaient pas dignes. Enfin, personne ne se méfiait de lui en soi, il avait grandi auprès d'eux tous et s'était toujours montré digne, il avait prouvé à plusieurs reprises son immense dévouement à la Maison de l'Ombre, et son absence dernière avait permis de cacher son cœur malade. Cela faisait donc un bon bout de temps qu'on ne l'avait pas vu, mais on ne s'inquiète guère pour un assassin. Aleksandre n'avait pas prévenu son père ; il l'avait quitté en début de soirée, sans mot dire. Il avait ainsi rejoint le château, comme si de rien était, le pas mécanique, un masque d'indifférence et de modestie posé sur son visage – il lui fallait être bon joueur, et il savait trop bien qu'il était doué à ce jeu-là. Alors il arriva ainsi, l'air de rien, graciant d'un sourire ceux qu'il méprisait, faisant mine d'adhérer à ce système qui désormais le dégoûtait – il ne faisait que faire comme eux, après tout.
Lorsqu'enfin il atteignit la salle commune, il eut comme une certaine hésitation. Il était désarmé, vulnérable, et pourtant, il tenait dans un petit paquet niché dans une poche son véritable pouvoir – celui de vie et de mort, un petit cadeau qu'il avait préparé pendant que son père tournait le nez, un moyen de se débarrasser de tous ses maux en quelques heures à peine. Aleksandre resta ainsi, seulement une fraction de secondes ; mais enfin, lorsqu'il s'avança, son regard perça la petite foule qui s'était amassée pour manger. Parmi eux, peut-être, se trouvait sa Cible. Il gratifia encore de quelques salutations mielleuses ceux qui pensèrent à le saluer et lui demander des nouvelles, puis il fit mine de se joindre à une tablée, surveillant du coin de l’œil une présence qui pourrait, tôt ou tard, finir par paraître à son regard, et enfin, lancer le mécanisme implacable de sa vengeance...

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Aleksandre de Lierre



Dernière édition par Aleksandre de Lierre le Dim 2 Fév - 13:48, édité 1 fois
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Cassandre de Jais
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MessageSujet: Re: poison ~ libre   Mar 19 Nov - 1:29

Rien qu'une journée en plus depuis ce que tout le monde connaît. Il m'est difficile de me considérer comme le Seigneur de ces terres. Je n'y ai jamais vraiment songé, ce n'était pas même mon désir le plus profond. Au fond, je ne rêvais de rien quand j'étais Paladin. Je n'ai jamais eu l'ambition de monter en grade. Je n'avais peut-être aucune ambition, mais on peut dire que William avait donné un coup de pouce au destin quand il m'avait choisie comme Capitaine. Sans lui, je n'aurais pas connu Amaury, et toute cette palette de sentiment. Quand je pense à tout ce que j'ai vécu ... Ces souvenirs magnifiques ... Je n'ai jamais autant vécu que depuis que je suis Capitaine. Le fait est que je m'étais rapidement rapprochée d'Amaury et le courant était vite passé. Là, couchée dans mon lit à caresser rêveusement mon ventre, je souris. Je suis enceinte. De quelques mois déjà et chaque jour, je me demande comment ils seront. Fille ? Garçon ? Les deux ? Leur cheveux seront-ils blonds ou noirs ? Tellement de questions ...

D'un autre côté, j'étais triste, mélancolique, que Amaury ne soit plus à mes côtés. Je sais qu'il sera toujours là pour moi, mais j'ai du mal à me dire que ce n'est pas avec lui que je prends les décisions pour la Maison. Quoique, je pouvais lui en parler, ce que je faisais régulièrement. Il était sans doute plus doué que moi pour l'exercice de ces hautes fonctions. Maintenant, il fallait assurer. Et il savait que j'y arriverais ... Bizarrement, il a plus confiance en moi que moi en moi-même. Et puis, je voyais à quel point il était heureux. Peut-être que je le lui convenais, finalement ? Était-il heureux d'être à nouveau père ? Je pense que oui, mais je ne suis pas dans sa tête. Quand je pose mon regard sur mon lit, il n'y était déjà plus. Et à en juger par sa couche froide, depuis longtemps. Oh, il faisait ce qu'il voulait, il était bien assez grand.

Oh, je sens un coup de pied dans mon ventre. C'est une étrange sensation qui fait bondir mon cœur. J'ai tellement hâte ! J'ai juste hâte qu'ils naissent. Bien sur, le moment de l'accouchement ne sera pas une partie de plaisir, mais on fera avec. Soudainement, j'ai décidé de me redresser. C'est de plus en plus dur. Une main derrière puis l'autre je me redresse doucement. Un moment, je ne bouge plus, ayant un peu la tête qui tourne. Jamais agréable de voir la pièce se renverser sous vos yeux. Je me lève d'un coup et m'habille. Une robe violette que j'aime beaucoup. Des chaussures et tout le tralala, et je sors enfin de ma chambre. Aujourd'hui, j'ai pris du temps pour moi. Et comme toute femme enceinte, j'ai faim le matin. Bon, je ne parle pas de ses nausées que j'ai tous les matins, c'est vraiment ennuyant -et je ne sais pas pourquoi-. Lentement, je me dirige vers la Salle Commune. Manger.

J'ouvre la porte et observe les visages qui s'y trouvent. Tous des visages connus. Je leur souris, un peu gênée qu'on m'observe et je m'assieds. Simplement. Et j'attends.

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MessageSujet: Re: poison ~ libre   Mer 20 Nov - 12:25


Avait-il peur, avait-il hâte ? Aleksandre était déterminé, déterminé à aller au bout de ses plans, quoi qu'il lui en coûte. Une pensée vint, la pensée d'Ayla. Il l'oublia aussitôt. Ce n'était pas le moment de se déconcentrer. Il devait rester vigilant. Chacun de ses gestes devait être maîtriser. C'était sa première mission. Sûrement la dernière. Son maître la lui avait-il soufflée ? Non, bien sûr que non, son maître n'était plus. C'était terrible, presque insupportable, et terriblement injuste à son sens. Il ne voulait pas y songer plus longtemps. Pourtant, alors qu'il feignait de prendre un verre, son regard vint se lever sur la porte. La porte. C'est comme si le temps s'était suspendu, et sûrement parce que tout le monde a tourné la tête au même moment. Cassandre de Jais. Leur Seigneur. Alors que chacun se désintéresse de l'arrivée de leur chef, Aleksandre, lui, sent son sang se glacer. Il ne sait pas pourquoi il la méprise. Elle lui a sauvé la vie. Mais tout cela avait plus le goût d'un leurre qu'autre chose. Il ne devait pas se laisser déconcentrer de sa tâche. Voyait-il ? Voyait-il qu'elle attendait la vie ? La vie pouvait attendre. C'était sa vie à elle qui l'intéressait. L'assassin se leva. Lentement, sûrement. Chaque geste était maîtrisé. Chaque regard. Il était un rôle. Il était un personnage. Un acteur. Le comédien parfait. Il allait faire quelque chose d'honteux, de lamentable. Il allait jouer. Il allait abuser de la confiance d'autrui pour mieux le faire tomber. Il n'avait pas le droit à l'erreur. Il suffisait d'un verre, un seul. Celui dans lequel il avait discrètement versé le poison qu'il contenait dans un sachet. Et tout serait fini. Tout. Il ne fallait pas qu'il soit vu. Si elle survivait, il devrait partir. Sinon, il pourrait rester. Qui douterait de lui ? Lui, qui avait toujours tout donné pour sa Maison. Lui qui avait grandi parmi eux.
Aleksandre arriva. Elle était là, assise à cette table. Il était temps. Temps de s'immiscer dans son rôle, temps de montrer jusqu'où s'étendaient ses talents. Il était prêt. Il le pouvait. Il en était capable. Son regard se mua. Il se transforma. Il n'était plus un assassin, il était un jeune homme, un jeune homme empli d'innocence et à l'air embarrassé. Il le fallait. Il devait jouer ce rôle. Alors il s'avança... contourna lentement la table... et s'arrêta face à Cassandre. Il posa son regard sur elle. Il la regarda. Il lui sourit. Un sourire nerveux. Un sourire contrôlé, bien sûr. Tout cela était un jeu. Il jouait un rôle. Un rôle crédible. Il ne devait pas exagéré. Il ne devait pas trop s'appitoyer, ce serait étrange de sa part. Il devait se montrer nerveux, mais pas non plus trop alarmé. Comment aurait-il réagi s'il avait été sincèrement désolé ? Il entra dans ce rôle. Il s'en imprégna. Il la regardait. Et il se nourrissait de ce qu'il voyait pour mieux remplir sa tâche. Car il comprenait que ce serait sa seule chance. Qu'il n'en avait pas d'autre. Il le fallait. Maintenant. Parle. Il parla. « Cassandre... Ma Seigneurie... J'aimerais vous parler. » C'était cela oui. C'était exactement cela. Ce ton, à la fois hésitant et assuré, ce côté à la fois un peu orgueilleux et un peu embarrassé, c'était le ton parfait. Il devait avoir l'air désolé. Il devait s'excuser d'avoir quitté la cérémonie sous le coup de la colère, d'avoir déserté quelques temps le château – du moins, c'était ce qu'elle devait croire. Bien entendu, il ne savait pas qu'il avait en plus un allié de taille – l'euphorie qu'elle avait d'attendre des enfants, il ne savait pas qu'il avait cette aide précieuse car il ne connaissait rien à ces choses-là et n'avait pas tellement été présent ces derniers temps pour véritablement s'en rendre compte. Tout ce qu'il savait, c'est qu'il la tenait entre ses griffes. Et qu'il le faisait en toute innocence. Il continua donc, sur le même ton, d'une justesse effroyable pour celui qui aurait su son petit manège : « Puis-je ? » Il suffirait de s'excuser. De s'excuser et de lui offrir un verre. C'était si simple. Si simple et si compliqué à la fois. Allait-il réussir ? Allait-il échouer ? Désormais, c'était sa vie ou la sienne. Si elle se rendait compte de quelque chose, il lui suffirait d'un mot pour que tous les paladins de la salle s'emparent de lui. Un mot. Aleksandre était en position d'infériorité, mais il avait confiance en ses talents. Il savait qu'il pouvait réussir. Il avait été formé pour ça. Ironie du sort, c'était Shaé des Abysses, celle qui avait pris sa place et son rêve, qui lui avait enseigné tout ce qu'il savait. Le reste, c'était de l'entraînement, beaucoup de réflexions, dues à ces quelques semaines d'isolement. Il connaissait Cassandre, d'une certaine façon. Elle lui avait sauvé la vie. Elle ne pourrait pas deviner à quel point il pouvait se laisser emporter par la haine. Elle ne pourrait pas savoir que l'enfant qu'elle avait un jour sauvé allait un jour décider de lui planter un couteau dans le dos. C'était absurde. On ne tue pas quelqu'un sous prétexte qu'on n'a pas eu le rang que l'on voulait. Les choses, bien entendu, étaient bien plus compliquées dans la tête d'Aleksandre. Etait-ce le sang, le sang des assassins qui coulait dans ses veines ? Ou l'éducation de la Maison de l'Ombre, l'honneur, l'orgueil qui lui montaient à la tête ? Ou bien tout simplement était-ce dans sa nature propre ? Enfant, il disait déjà qu'il serait capable de tuer un ennemi sans sourciller. Adulte, il était désormais plus dangereux que jamais, d'autant plus qu'il ne défendait plus que ses propres intérêts. William des Cendres était parti. Il lui avait juré allégeance. À lui. Pas à celle qui lui usurpait son titre.

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Cassandre de Jais
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MessageSujet: Re: poison ~ libre   Dim 24 Nov - 1:43

A table, je ne fais qu'observer. Je me demande ce que pense chacun. Si ma nouvelle fonction en fait parler plus d'un. J'ai toujours eu peur des ragots, mais pour le bien de la vie que je porte en moi, j'essaye de ne pas trop m'en faire. Après tout, il faut que je me calme, pas de stress. Et pour le moment, c'était réussi. Rapidement on m'offre un plat. Je grimace. Ais-je toujours faim ? Peut-être pas autant que l'assiette qui est remplie. Il va falloir s'habituer à ma condition. Enfin, il faut bien manger ; et c'est ce que je fais bouchée par bouchée. Je regrette que Amaury ne soit pas là. Mes voisines n'arrêtent pas de parler, me parle et j'écoute. Ou du moins, j'essaye d'écouter parce que certaines parties m'échappent. Je suis bien trop distraite. Je hoche de la tête et fait comme si je m'intéressais à ce qu'elles disaient. Un homme par ci, un homme par là ; mais moi ça ne m'intéresse pas. Je suis déjà prise.

Soudain, je me redresse. Du coin de l’œil j'ai remarqué quelqu'un qui se lève. Il s'agit d'Alksandre. Je ne sais pas ce que je dois en penser. Depuis ma nomination, il est différent, étrange et distant. Il semble triste mais s'il ne vient pas me parler, je ne peux pas savoir. Comment pourrais-je me douter de ce qui se passe dans sa tête ? Rien ne pourrait me le dire, rien. Mais s'il veut sortir dehors, pourquoi pas ? Je me retourne pour continuer de manger à mon aise quand quelqu'un s'approche. Je lève les yeux m'attendant presque à voir Amaury. Mais non, ce n'est que Aleksandre. Je hausse un sourcil. Que me veut-il ? Je me redresse et le regarde.  « Cassandre... Ma Seigneurie... J'aimerais vous parler. » Tiens donc. Je hoche la tête distraitement en pensant aux raisons qui le pousse à me parler maintenant. Comment cela se fait-il ? Pourquoi ? Veut-il quitter la Maison de l'Ombre ? Je ne saurais dire ce qu'il mijote. « Puis-je ? » A nouveau, je hoche la tête en désignant la chaise à mes côtés. Assieds toi, je t'en prie.

« Je t'écoute. »

Je sais que je devrais me méfier. Après tout, il a énormément changé et ne ressemble plus à cet enfant que j'avais jadis sauvé. Je pose le couvert et me cale dans ma chaise. Une main machinalement sur mon ventre. La plupart des femmes avaient compris. Dis moi, que me vaut ce plaisir ? J'espérais ne pas m'être trompée sur son compte. J'espérais de tout cœur qu'il serait revenu à la raison. Parce que tout au fond de moi, mais vraiment tout au fond, je le sentais mal. Autant pour moi que pour lui. Je fis comme si de rien n'était. Si ça se trouve, ce n'est que moi.

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MessageSujet: Re: poison ~ libre   Sam 30 Nov - 16:35


Et elle marche. C'est presque trop facile. Pourtant, il sent bien que tout est plus compliqué qu'il n'y paraît. Elle l'invite néanmoins à s'asseoir ; et Aleksandre de s'exécuter docilement, prenant soin de glisser quelques regards courroucés autour d'éventuels voyeurs. Il était certain que son rôle lui tenait à cœur. Il était certain aussi qu'il était apte à faire preuve de quelque humilité – si cela pouvait lui permettre de toucher son but. Tout ceci était factice, il était un personnage, un personnage dans une tragi-comédie. Il trouvait tout cela fascinant. Il se sentait tout autre, presque... excité à l'idée d'arriver à la scène finale. Malgré tout, il contrôlait ses gestes avec splendeur, comme il ne l'aurait jamais fait auparavant – il faut dire, sa vie était en jeu, et surtout, son honneur. Il ne pouvait plus reculer désormais. C'était terminé. Il devait faire face à ses responsabilités. Il était un adulte. Un adulte responsable. Il avait choisi de prêter allégeance à William des Cendres ; à personne d'autre. La Maison de l'Ombre n'était qu'une mascarade à ses yeux, et il voulait en arracher le masque. Il avait grandi ici, parmi eux. Il avait voué son existence entière aux siens. Tout cela était terminé. Il agissait par pur égoïsme – et cela lui faisait du bien. Il pouvait enfin agir selon son désir, faire ce qui lui semblait juste, à lui et à lui seul. Il pouvait arracher la vie qu'il lui plaisait d'arracher. Du moins, jusqu'à ce qu'il sache le fin mot de la disparition de son Maître. Cassandre savait-elle quelque chose ? Il n'aurait pu l'interroger, la torturer ; il aurait été rapidement évincé. Il ne pouvait la vaincre sur le terrain de la force – elle était bien plus douée que lui à ce jeu-là. Mais il pouvait abuser de sa confiance. Jouer de toute la réputation qu'il s'était forgé de bonne foi auparavant. Le plus fin stratège peut user du redoutable guerrier à sa guise. C'était ce qu'on lui avait appris. « Je t'écoute. » A-t-elle des doutes ? Il fallait les effacer. Gagner sa confiance. Chaque chose en son temps. Avancer pion par pion. Faire preuve de patience. Il se savait assez doué pour ça. C'était ce qu'il savait le mieux faire. Il devait réussir.
Alors Aleksandre soupira. Et enfin, reprit la parole : « J'ai conscience que mon comportement de ces derniers jours laisse à désirer. » Il évoquait, bien entendu, son absence depuis la cérémonie, qu'il avait quitté dès l'annonce de la promotion de Shaé des Abysses. Après un brin d'hésitation, il continua : « Je ne vais pas vous cacher que je convoitais le poste de Capitaine depuis ma plus tendre enfance, et il est vrai que j'ai réagi de façon très forte en voyant ce titre me passer sous le nez. » Faire preuve de sincérité. Il le fallait bien, pour obtenir la confiance d'autrui. Il ne pouvait pas nier tout cela. Néanmoins, il devait déformer la réalité, la rendre plus vraie que tout soupçon de trahison. Son regard vint se plonger dans celui de Cassandre, enfin assuré. Il était sûr de tous les mensonges qu'il allait proférer. Il allait les dire avec la plus grande des « sincérités ». « Mais j'ai conscience que je suis bien jeune, et la disparition prématurée de William des Cendres ne m'a pas permis de faire assez mes preuves. Sachez que cela ne se reproduira plus. Je ferai en sorte de persévérer jusqu'à ce que vous m'en croyiez digne. » Il y croyait presque lui-même. Il aurait pu songer ainsi s'il avait été plus sage. Pourtant, même en évoquant cette possibilité à vive voix, il sut qu'il ne se satisferait jamais de cette réponse. L'espoir l'avait quitté. Il avait pu dire de telles choses face à Epines. Il lui avait dit qu'il lui prouverait que les assassins étaient dignes. Désormais, tout cela n'avait plus d'importance. Tout cela avait été bien vain. La colère qu'il ressentait était bien au-delà d'une question de bonne volonté. Il voulait aller jusqu'au bout. Il savait qu'il le pouvait. C'était sa propre conscience qu'il cherchait à apaiser. À quoi bon plaire aux autres ? Cela ne lui avait jamais réussi. L'après... il verrait bien. Sans sourciller, il saisit le verre et se leva. Puis il le posa simplement devant elle et, tout en s'inclinant légèrement, ajouta : « Prenez ceci comme gage de ma loyauté. »

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MessageSujet: Re: poison ~ libre   Sam 1 Fév - 22:28

Tout cela n'est que vaine mascarade. Aleksandre ne va jamais s'excuser auprès de quelqu'un, il est bien trop fier pour cela. Il veut quelque chose, il cherche quelque chose, mais je ne sais pas quoi. Et pourtant, cette chose doit être très importante pour qu'il fasse tout ça. Je le regarde s'assoir, les gestes mesurés, polis. Droit, il me regarde, il a l'air embarrassé. Personnellement, je ne suis pas le moins du monde et je le regarde sans sourciller. Si Phoenix n'avait pas demandé à démissionner, ce serait lui le Seigneur de ces terres. J'ai tellement besoin de lui à mes côtés mais je savais qu'il ne voulait plus être Capitaine. Pourtant, à lui seul, il avait beaucoup d'expérience. J'espérais que Abysse irait lui demander conseil si un jour elle ne sait pas quoi faire. A lui ou aux anciens, qui sait ? J'entends le soupir du jeune homme et je me recentre. J'écoute, j'écoute. « J'ai conscience que mon comportement de ces derniers jours laisse à désirer. » Je hoche la tête, comme si, en effet, il avait raison. Oui, il avait été horrible. Il aurait du être content pour son ancien mentor, mais non, il était parti comme un malpropre. « Je ne vais pas vous cacher que je convoitais le poste de Capitaine depuis ma plus tendre enfance, et il est vrai que j'ai réagi de façon très forte en voyant ce titre me passer sous le nez. » Non, sans blague ? Je ne l'aurais jamais deviné ! Je souris, presque ironique. Tu me dis des choses que je sais déjà, petit. Et il continue, toujours plus embarrassé, si l'on peut dire. « Mais j'ai conscience que je suis bien jeune, et la disparition prématurée de William des Cendres ne m'a pas permis de faire assez mes preuves. Sachez que cela ne se reproduira plus. Je ferai en sorte de persévérer jusqu'à ce que vous m'en croyiez digne. » Ah bon ? Je hausse un sourcil, étonnée. Et pourquoi viens-tu me raconter tout ça ? Pourquoi ne travailles-tu pas tout de suite pour ce poste ? Je me repose dans le dossier de ma chaise en jouant avec le tissus de ma manche. Je le laisse un peu mariner. Après tout, il n'a que ce qu'il mérite. Finalement, je soupire, posant mes yeux dans les siens.

« En effet, tu n'as pas été très fair-play. Tu aurais du être content pour ton ancien mentor, mais tu as préféré partir ... » Aucun exemple. « Mais, Aleksandre, ais-je dit qu'il n'y aurait jamais qu'un seul Capitaine ? J'ai choisis Shaé des Abysses parce qu'elle me semblait apte à ce rôle. Je choisirais un deuxième Capitaine quand il le faudra, et ce sera peut-être pour bientôt. »

Nostalgique, je caresse mon ventre discrètement. Il est vrai qu'avec un bébé, j'aurais besoin d'un Capitaine en plus -peut-être, si Abysse ne s'en sort pas seule. J'espérais que Phoenix serait à mes côtés à ce moment là.

« J'espère que tu continueras à t'entrainer dur, et il se peut qu'un jour tes efforts soient récompensés. »

Venais-je de lui dire qu'un jour, je pensais qu'il ferait un bon Capitaine ? Sans nul doute. J'aimerais que tu éprouves des remords. Tu es un bon assassin, mais les remords sont importants. Il faut savoir rester humain dans ce genre de poste. Ce servir de son cœur et de sa tête, faire les bons choix et parfois, les assumer. Mais je pense qu'aujourd'hui, il te manque ces quelques petites choses. Tu es jeune, tu as le temps de penser au poste de Capitaine. Finalement, il se lève sans attendre ma permission et je plisse les yeux, vaguement intriguée. Il finit par me tendre un verre avec du liquide dedans. De l'eau je crois bien. Le reste, je ne peux plus en prendre, de toute façon. « Prenez ceci comme gage de ma loyauté. » Au fond de ma chaise, je souris, effleurant le verre de la main sans pour autant le prendre. Après plusieurs secondes, je m'autorise à le prendre en main, l'amenant à mes lèvres. Pour me raviser au dernier moment. Les yeux pétillants, je le regarde.

« Tu sais, je ne suis pas dupe, je sais ce que tu essayes de faire. » Je lui lance un clin d’œil. « Tout ce que tu viens de me dire est trop beau et puis, Aleksandre, avoue : Tu n'as jamais été comme tu viens de l'être. » Mon autre main est sur mon ventre, seul mon pouce bouge. Je veux qu'il regrette. « J'espère juste tu ne vas pas nous tuer tous les deux. »

Regard nostalgique sur la partie un peu arrondie qu'il n'a surement pas vu, puis je bois le verre d'un trait. Je savais que je le sentais mal. Je savais, mais je l'ai fait quand même. Mes yeux finissent par se révulser avant de lâcher le verre qui fait un bruit du tonnerre. Tout est flou, tout devient noir. Je tombe de ma chaise devant lui. Est-ce fini ?

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MessageSujet: Re: poison ~ libre   Dim 2 Fév - 13:47


Ses mots ne le touchaient même pas. Ils passaient à travers lui et, au lieu de laisser la colère monter en lui, il les prenait tels qu'ils étaient - comme de simples mots. Ne pas se laisser aller à tout gâcher. Rester humble, jusqu'au bout. Elle ne pouvait pas comprendre, non, et il ne lui demandait pas de le faire. Peu lui importait de pouvoir devenir Capitaine plus tard, il n'était pas sot, il avait conscience que ce titre aurait pu lui revenir un jour. Mais il s'était fait la promesse d'être le premier Capitaine assassin - et être le deuxième, cela ne changeait rien, son nom ne serait jamais rentré dans l'histoire, et quand bien même, à présent, elle n'était pas son Maître, elle était une usurpatrice, une vipère. Une vipère auréolée de fausse sagesse, de fausse bonne intention. Elle pouvait lui faire la morale. Il n'était plus l'enfant qu'elle avait sauvé jadis. Il ne voulait pas la servir elle, il ne voulait pas faire des efforts en vain. Son esprit était déjà libre de tout joug, il était libre de choisir désormais qui il voulait servir - ou du moins, il s'était déjà assujetti à un autre, celui-là même qu'elle avait évincé. Aleksandre n'eut aucune réaction. Il ne dit rien. Capitaine, à quoi bon désormais. À quoi bon. « Tu sais, je ne suis pas dupe, je sais ce que tu essayes de faire. » Il ne cilla pas. Son regard se posa presque innocemment sur elle, avec la volupté de l'inconscience. « Tout ce que tu viens de me dire est trop beau et puis, Aleksandre, avoue : tu n'as jamais été comme tu viens de l'être. » Un beau sourire apparut sur le visage du jeune homme. Qui sais-tu de ce que je suis ? Songea-t-il simplement, car ces mots, je les aurais donné à mon Maître sans avoir à mentir, sans avoir à ruser, je te rassure. Ces mots restèrent enfouis en lui comme une promesse. Il avait conscience que ces dernières secondes voulaient peut-être dire que son plan avait échoué. Peut-être allait-il mourir ici. Peut-être allait-il être puni, jeté dans un cahot, laissé pour mort, abandonné. Oui, qu'allait-elle faire, elle qui savait si bien ? Une de ses mains s'était posée sur son ventre, un ventre rebondi. Un ventre empli de vie. Aleksandre ne l'avait pas même remarqué. Il était de toute évidence trop tard pour s'en alarmer. « J'espère juste tu ne vas pas nous tuer tous les deux. » Les secondes s'écoulaient plus doucement encore. Le temps semblait s'être arrêté. Pourtant, elle posa le verre à ses lèvres et but. Sous ses yeux. Il resta silencieux. Il la regarda faire, et tout son masque de bonne foi s'effaça, pour ne laisser place qu'à un visage de marbre, un visage empli de mépris.
« Un assassin n'a qu'un seul Maître. » Lâcha-t-il enfin, froid, tandis que les premiers effets du poison se faisaient sentir, tandis que le verre venait se briser à terre. Il n'attendit pas, pas plus longtemps. Aleksandre le savait, il devait partir. Comment avait-elle pu croire qu'elle lui ferait avoir de quelconques regrets ? Même Ayla ne l'avait pu... Ayla... Allait-il vivre assez longtemps pour la revoir, à présent qu'il avait accompli son devoir ? Cassandre de s'écrouler à ses pieds. L'assassin se détourna rapidement. Avant même qu'autour de lui, quiconque n'ait eu le temps de réagir - personne ne se serait douté -, il courut. Sa culpabilité n'était plus à prouver, tout le monde l'avait vu parler au Seigneur de l'Ombre, il ne pouvait plus que fuir. Fuir avant que sa tête ne tombe. Il ne sut par quel miracle il réussit à quitter la salle. Mais il ne s'arrêta pas. Il continua de fuir. Pour aller où ? Il ne savait pas encore. Il n'avait pas le temps d'y songer. C'était la fin, ou le commencement, il ne savait pas trop. La fin d'une vie et le commencement d'une autre.

{ la Maison de l'Ombre peut réagir :3 }

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Aleksandre de Lierre

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MessageSujet: Re: poison ~ libre   Lun 3 Fév - 16:44


Cette journée avait un parfum singulier ; une odeur étrange de retrouvailles inavouées. Il n'y avait là rien qui puisse aller à l'encontre du bonheur futur, rien qui ne puisse pourtant le convaincre d'une éventuelle erreur ; Amaury attendait à nouveau des enfants, et l'amour qu'il portait à Cassandre ne pouvait que le conforter sur cette voie. La Maison de l'Ombre avait changé, il est vrai, l'absence de William ne pouvait que le réjouir. Il lui semblait avoir retrouvé son foyer, un lieu dans lequel vivre, et vivre à deux, enfin, loin des responsabilités qui lui avaient été conférées jusqu'alors. Redevenir père, être présent pour sa famille. Il n'avait plus l'âge de se laisser aller à une vocation fiévreuse, à une ambition sans fin ; la sympathie qu'il avait pour les membres de sa Maison lui suffisait, et savoir son aimée à la tête de ces lieux était à la fois effrayant et apaisant. Bien que déchu de son rang de Capitaine et ne voulant pour rien au monde le reconquérir, il serait présent pour elle, quoi qu'il arrive – mais quoi, après tout, que pouvait-il lui arriver à présent que William était parti ?... Amaury s'était sûrement laissé aller à une inattention louable, il n'avait pas pu rentrer à temps pour le déjeuner, mais il savait qu'à son retour, il retrouverait celle qui faisait battre son cœur. N'était-elle pas en sécurité au sein de ses fidèles ? N'y avait-il donc pas son Capitaine pour veiller sur elle ? Comment aurait-il pu imaginer que les choses puissent aller autrement ?... Pourtant, il existe quelques appréhensions, des moments par lesquels le doute s'installe, comme si quelque chose n'allait pas. Il arrive que la sensibilité soit titillée par un on ne sait quoi de dérangeant. Et c'était ce drôle de pressentiment qui l'avait pris, alors qu'il marchait l'air de rien vers la salle commune. Il lui semblait entendre au loin de l'agitation. Un parfum de corruption. Ce fut à cet instant que déboula de nulle part Aleksandre de Lierre, l'assassin, fuyant comme si la mort était à ses trousses, à tel point qu'il ne sembla pas même le voir. Amaury le regarda faire sans réagir, inconscient malgré la surprise de cette scène – voilà un moment qu'il n'avait pas vu le jeune homme, et ce comportement lui faisait défaut. Qu'avait-il pu se passer ?... L'inquiétude commença à percer en lui, et il comprit enfin que quelque chose de grave avait pu se produire... Cassandre. Il devait la retrouver.
Sans perdre un instant de plus, Amaury se mit à son tour à courir, mais lui vers la salle commune, vers le lieu où sa femme devait être, là où toute sa Maison festoyait habituellement en gaîté de cœur... dès qu'il déboula dans la salle, ses craintes furent confirmées ; des murmures inquiets planaient dans toute la pièce, un petit attroupement se tenait à un bout, et lorsque les regards se tournèrent vers lui, un certain malaise se fit sentir – on eut dit que personne ne savait comment réagir, et que tout le monde attendait que quelqu'un prenne les choses en mains... Or personne ne le faisait... Où était leur Seigneur ? Où était leur Capitaine ? Amaury se précipita vers la foule, qu'il bouscula à la hâte, trop fébrile pour songer à s'excuser. Et c'est alors qu'il vit qui gisait à terre ; Cassandre ! Non ! L'homme s'écroula à genoux près de son aimée et, doucement, vint porter son corps contre le sien, venant dégager de son visage les quelques mèches rebelles qui étaient venues s'y poser. Elle était inconsciente, mais quoi, comment ? Aucune tâche de sang, aucune plaie, rien... son regard vint se poser sur le verre brisé à quelques pas de là. Du poison. Du poison... Ce genre de méthode n'était pas celle d'un paladin... Un assassin... Aleksandre qui courait... Comment était-ce possible ? Comment avait-il pu ?! Tremblant de rage et d'impuissance, Amaury ne savait comment réagir – il était déchiré entre l'envie brutale de courir à l'assassin et de ramener le scélérat de force, en le traînant par terre, et celle de rester auprès du corps de sa femme... il lui fallait un médecin, sa peau était encore tiède, la vie était encore en elle – oh, et leurs enfants ? Quelle tragédie ! Et le Chaman qui n'avait pas été vu depuis quelques jours... Comment allaient-ils faire, que pouvaient-ils faire ? Des larmes commençaient à monter dans son unique œil – rage, tristesse ? Il ne savait plus ; il eut néanmoins la force de tonner, du plus fort qu'il put : « Allez chercher Shaé des Abysses, vite ! » Il n'était pas Capitaine, et pourtant, son ton ne demandait aucune discussion et il ne fallut pas longtemps pour que quelques des paladins présents se décide à quitter la salle à la hâte. Ne sachant que faire de plus – bander une plaie, arrêter une hémorragie, il pouvait, mais contre le poison, il n'avait jamais eu à agir !... il attendit, simplement, tout en berçant dans ses bras le corps inanimé de sa femme, sa vie, son Seigneur. Vis, mon amour. Priait-il intérieurement, pris d'une angoisse incommensurable, bien plus forte que lorsqu'elle avait été blessée autrefois. Je veux que tu vives, toi et nos enfants. Je t'en prie, sois forte...

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MessageSujet: Re: poison ~ libre   Mar 11 Fév - 1:19

    Difficile de s'accoutumer à de pareilles responsabilités. Du jour au lendemain, de simple assassin qui se fondait dans la masse sans se faire remarquer, elle était passée Lieutenant à qui on venait demander diverses choses. C'était elle qui gérait l'organisation des patrouilles, elle qui s'entretenait avec Cassandre, elle qu'on interrogeait pour savoir si on avait des tâches à effectuer. Mais elle n'avait rien demandé de tout ça. Shaé des Abysses était peut-être efficace, peut-être qu'elle faisait bien son boulot mais au fond, elle n'était pas faite pour ça. Ça n'était pas ce qu'elle aimait, le pouvoir ne l'avait jamais attirée, elle préférait être seule, agir dans l'ombre. Shaé... l'enfant résultant d'une union interdite qui avait rejoins la Maison de sa feue mère. Shaé devenue capitaine, qui l'aurait cru ? Dans ces moments là, ses pensées dérivaient toujours vers son frère, parti loin. Serait-il lui aussi devenu lieutenant de la Maison du Vent ? Non, certainement pas, il était un paladin... rêveur, doux. Il n'avait pas la carrure d'un bras droit... d'un futur Seigneur. Puisqu'il était entre autre question de cela, non ? Lorsque Cassandre céderai sa place, l'un des Capitaines (si un autre était désigné d'ici là) Shaé serait amené à monter sur le trône. Et elle ne s'y voyait pas non plus. Elle n'était pas faite pour diriger une Maison, elle le savait. Enfin, elle avait encore le temps, leur Seigneur n'était pas là depuis longtemps, des années s'écouleraient avant qu'elle meurt et peut-être bien que la demoiselle rousse mourrait avant elle.

    Shaé était parti à l'aube, à cheval, afin de chasser pour ramener de la viande en ces temps difficiles. Elle avait bien récupéré un peu de nourriture mais ça n'était pas grand chose. Enfin, c'était toujours cela de pris. Elle revint donc au Château et descendit de sa monture, l'emmenant aux écuries pour s'en occuper. Shaé conserva son arc dans son dos ainsi que ses flèches et une dague à la ceinture et ce, même si là, à l'écart de l'agitation, elle se sentait apaisée, la présence de l'animal la rassurait quelque part : elle se sentait bien. Depuis quelques semaines, son passé semblait s'être un peu effacé, elle pouvait vivre, libérée de ces chaînes qui la maintenait à la Maison du Vent. Ces chaînes qui n'étaient personne d'autre que sa famille... Et quelle famille : digne d'une tragédie grecque. Enfin, elle n'oubliait pas qui elle était devenue : un Assassin de l'Ombre. Elle n'oubliait pas que le seul but qu'elle s'était fixée dans sa vie n'était toujours pas atteint. Elle n'oubliait pas que ses jours et ses nuits étaient rythmées par l'envie de vengeance, l'envie d'enlever la vie à un homme, un seul, qu'elle jugeait responsable de tout : Kuman de l'Ambre.

    Shaé se dirigeait à présent vers la Salle Commune, ignorant encore ce qui l'attendait. En réalité, elle voulait simplement déposer son maigre butin et repartir : elle ne comptait pas s'attarder dans l'endroit bondé de monde. Elle s'approcha, et loupa de quelques secondes le départ d'Aleksandre. Elle s'apprêtait à pénétrer dans la grande salle quand le cri d'Amaury du Phoenix retentit.

    « Allez chercher Shaé des Abysses, vite ! »

    Avant qu'elle n'ait pu réagir, deux paladins sortir de la salle et tombèrent sur elle, l'informant de ce qui venait de se dérouler... Des mots raisonnèrent dans sa tête un bref instant. Son ancien élève avait empoisonné le Seigneur. Sa rancœur était donc à ce point tenace ? Elle n'avait pas le temps de se pencher là-dessus, pour le moment, elle devait mobiliser ses connaissances. Le poison, n'était-ce pas elle-même qui avait enseigné à Aleksandre comment s'en servir ? Elle se souvint de cette entrevue avec Edwin le Chaman, il leur avait expliqué tout ça, les poisons, les contrepoisons... Shaé s'approcha de Cassandre, tenue par Amaury : elle était inconsciente, peut-être déjà morte.

     « Il faut la faire vomir... » Quelle plante... vite...  « Apportez du millefeuille, immédiatement ! » L'ordre avait claqué, et bientôt un paladin s'élança en courant pour ramener le précieux contre-poison. Une poignée de secondes furent à nouveau nécessaire à Shaé pour se souvenir de ce qu'elle avait appris. Après le contre-poison... la purification... Et pour cela.  « Il nous faut aussi de l’Écorce d'Aulne. »

    Elle se tourna vers Amaury pour lui expliquer en détails.

     « Je vais partir à la recherche d'Aleksandre. Il faut que tu lui fasses avaler le millefeuille ce qui devrait la faire vomir, ensuite, il faudra hacher l'Aulne et essayer de lui faire avaler pour purifier le sang. Je ne suis pas Chaman, Amaury et je ne garantis rien pour l'enfant comme pour Cassandre. C'est tout ce que je sais, tout ce qu'Edwin nous avait enseigné. »

    Et maintenant... Shaé posa une dernière fois son regard sur Cassandre de Jais. Elle avait dépêché des patrouilles les jours précédents dans l'espoir de retrouver le Chaman, en vain. Tout comme avait disparu William, Edwin s'en était allé et il demeurait introuvable. Elle ressortit en trombe de la Salle Commune et se mit à courir, sans vraiment savoir où elle pouvait trouver son ancien apprenti. Combien de minutes avait-il d'avance sur elle ? Deux, trois, cinq, dix ? Enfin, des paladins avaient dû l'intercepter non ? Personne ne s'était élancé à sa poursuite en voyant le Seigneur s'effondrer ? Elle courut, s'arrêtant de temps à autre pour demander si personne ne l'avait vu. Elle mit quelques temps avant de le retrouver, mais bientôt il fut là, devant elle. Shaé pris son arc accroché dans son dos, attrapa une flèche, s'arrêta, visa. Il était loin... Ses doigts s'ouvrirent et la flèche pris la direction que Shaé avait désirée : elle passa à côté d'Aleksandre en l'effleurant. À quoi bon ? Il serait toujours temps de le retrouver plus tard, et peut-être qu'il allait s'arrêter en voyant le projectile le dépasser... Peut-être, sûrement pas. Cependant, elle ne repartit pas dans la Salle Commune, non. Son regard glacé resta toujours accroché à la silhouette d'Aleksandre qui fuyait. Et une question lui vint :
    Qu'adviendrait-il de lui une fois attrapé ?

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