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 Retrouvailles - PV.

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Elléa l'Apprentie
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MessageSujet: Retrouvailles - PV.   Dim 10 Nov - 22:06

    Elléa l'Apprentie... Elle allait bientôt se débarrasser de ce « l'Apprentie » qui l'obligeait à obéir bêtement à quelqu'un d'autre qu'à elle-même. Elléa ne voulait plus avoir à faire les corvées de novice, elle voulait partir, loin de tout ça, loin de cette Maison qui n'avait rien à lui offrir. Si son frère était parti lui aussi, elle n'aurait pas hésité une seconde et aurait délaissé l'Ombre pour une vie plus solitaire. Elle n'était pas faîte pour demeurer parmi toutes ces personnes dont la plupart la regardaient de travers, elle les méprisait tous, tous ces hypocrites si sûrs d'eux-mêmes et de leurs bon droit. Et dire qu'à sa naissance et durant sa petite enfance, elle avait admiré son père, ce Seigneur respecté. Mais comment avait-elle pu avoir aussi tort ? Avait-elle été aveugle ? Sans aucun doute. Mais quand elle avait ouvert les yeux, elle avait réalisé quel personnage il était, et surtout, elle avait appris la façon dont il avait traité Maximilian. Alors qu'il ait disparu de l'Ombre était plutôt une bonne chose.  Enfin... pour le moment, la demoiselle profitait des avantages qu'offrait la voie des Assassins. Elle pouvait s'absenter du Château sans qu'on lui dise quoi que ce soit. Et c'était tant mieux, elle avait bien besoin d'être seule : elle n'en n'avait jamais assez, la nature qui l'entourait était tellement plus riche, plus intéressante que les paladins, les apprentis, les enfants et tout ceux qui peuplaient sa Maison. Elle s'y sentait tellement enfermée, enchaînée. L'Ombre la retenait prisonnière, et, incapable d'abandonner son frangin, elle capitulait, repoussant chaque jour l'instant où elle ne pourrait plus se retenir.

    En attendant, Elléa errait bien loin de chez elle. L'apprentie n'avait pas passé la nuit chez elle, comme à son habitude, ça n'avait rien d'étonnant. Cependant, pour une fois, elle s'autorisa un passage sur les terres ennemies. Elle n'y avait jamais mis les pieds, il était temps, non ? Elle voulait explorer d'autres horizons, découvrir de nouvelles terres. C'est ainsi qu'elle se dirigea vers les terres de la Maison de la Rivière. Voir cette dernière était une chose à laquelle Elléa ne pouvait pas résister. Se fondant dans le paysage avec l'aisance qu'accord l'habitude et les heures d'entraînements, la demoiselle s'avança dans les Terres ennemies, réprimant un frisson de satisfaction. Ce n'était pas savoir qu'elle enfreignait les règles qui lui plaisait, mais plutôt le fait d'explorer des endroits où elle n'avait jamais mis les pieds auparavant. Sous son air froid et ironique, Elléa avait soif d'apprendre, de découvrir.

    Elle progressait donc, prenant soin de ne pas se dévoiler, se cachant lorsqu'un groupe de paladins passait à proximité. Elle n'avait aucune raison d'être là, elle le savait très bien et elle savait ce qu'elle risquait en tombant sur un groupe d'ennemis. Certes, leurs maisons étaient alliées, mais il demeurait mal vu de s'introduire en douce sur un autre territoire que le siens. Finalement, Elléa arriva à proximité de la Rivière. Elle observa ce large cours d'eau pendant un long moment. C'était un lieux magnifique et elle regretta que le Territoire de l'Ombre ne soit composé que de marais et de tunnels humides. Se retournant, elle poursuivit son chemin pour arriver dans un lieux plus rocailleux. Demeurant dissimulée tant qu'elle le pouvait, elle ne tarda pas à apercevoir une silhouette... C'était impossible. En face d'elle se dressait l'objet de toute sa haine, l'être méprisable et lâche qui devait être son père. Il était bien plus maigre, il avait l'air plus faible aussi, mais c'était bel et bien lui. Alors c'était là qu'il s'était réfugié, dans la Maison de la Rivière ? Il abandonnait l'Ombre pour venir ici, il laissait ses enfants et sans Maison sans remord pour ça ? Sortant de sa cachette, Elléa se composa un masque froid, sans cacher son mépris et se dressa face à son père. Elle n'ouvrit pas la bouche, demeura silencieuse : ses yeux parlaient pour elle. Fichés dans celui de William, ils étaient d'une froideur mortelle. À quoi bon lui parler ? Il n'en valait pas la peine.

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Elléa la Mélancolique

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William des Cendres
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MessageSujet: Re: Retrouvailles - PV.   Mar 12 Nov - 18:48


Cela faisait déjà trois jours que William avait retrouvé ses esprits, tout en haut de la Tour de l'Augure. Il s'était retrouvé à la Maison de la Rivière par un bien heureux hasard, alors qu'il était sur le point de mourir. Julia l'avait recueilli. Elle l'avait soigné, s'était montré patiente avec lui, lui avait fait découvrir qu'une nouvelle vie était possible. Et, pour la première fois depuis bien longtemps, il avait écouté. Tout avait bien changé en si peu de temps. Désormais renégat, William n'avait plus de Maison, mais il pouvait se arguer d'être un invité, d'avoir encore un toit pour dormir. Il n'était guère étonnant en soi qu'il se retrouve sur les terres où il était né, sur les terres qu'il avait quitté il y a bien longtemps. En seulement trois jours, il avait déjà repris un peu de poids et d'énergie, il était certes encore faiblard comparé à l'homme qu'il avait été, mais il n'était plus aussi fragile qu'à son éveil. Le repos lui était encore nécessaire, et il ne pouvait pas encore réellement se montrer utile, mais il avait finit par prendre son mal en patience, et même finit par apprécier le fait d'être à nouveau ici. Oui, à nouveau. Julia était apparue devant lui comme un être extraordinaire, qui méritait toute son attention. Il voyait en elle non pas celle qui avait sauvé sa misérable vie, mais plutôt comme une femme noble, digne d'intérêt, qui avait son entière reconnaissance, plus pour ses mots que pour son acte. Elle l'avait guérie avec le meilleur remède qu'il soit ; l'espoir. L'espoir d'un jour retrouver un brin de bonheur. En attendant, la pensée de Grise continuait de le hanter, parfois de le faire souffrir, il lui arrivait de replonger, mais chaque fois qu'à nouveau la colère et la tristesse venaient le chercher, il se rappelait, et tenait bon. William avait juré de servir la Maison de la Rivière en guise de remerciements, et il avait hâte de pouvoir tenir sa parole. Pour le moment, il évitait de croiser des paladins, de peur de croiser d'éventuels regards inquisiteurs, voire simplement curieux. Il ne se sentait pas prêt à affronter le jugement de ses pairs, il devait avant se reconstruire un peu, retrouver plus de forces. Mais cela ne voulait pas dire rester enfermé éternellement en haut d'une tour.
Aussi William avait-il fini par la quitter. Il avait bien entendu laissé un mot, au cas où Julia passait, afin de lui dire où il allait, afin d'attester le fait qu'il reviendrait sous peu. Il ne voulait pas qu'elle croit qu'il était parti pour de bon. Sûrement ne passerait-elle pas, mais au moins, il partait la conscience tranquille. Il avait vêtit des vêtements qu'on lui avait prêté, conscient qu'il devrait s'en faire d'autres pour l'hiver, dès qu'il le pourrait. Ne comptant pas partir bien loin et ne se sentant pas en danger, il ne prit pas la peine de s'armer. Il partit donc ainsi, vêtu de quelques habits de cuir et les mains gantées. Son exploration se fit d'abord à même le Château de la Rivière. Il prit plaisir à parcourir ces longs couloirs, ces mêmes qui hantaient ses souvenirs d'enfance, du temps où il était à la Crèche, ici. Il finit par quitter les lieux, bercé par ces pensées, sans même plus se soucier de quelques personnes qu'il croisait, se contentant d'avancer. Avancer, le cœur vidé de toute peine. Avancer, simplement. Il se dirigea machinalement vers la Rivière, là où autrefois il était allé, avec ses sœurs. Il se revit, un brin insouciant et arrogant, cherchant à faire peur à Ambre et Fée. Il continua sa route jusqu'à atteindre les côtes ensoleillées. Là, commençant à se sentir un peu moins en forme, il décida de faire une pause. Il chercha du regard un coin où il pourrait se poser, une roche sur laquelle il pourrait s'asseoir. Mais ce qui devait être une simple pause n'allait plus véritablement l'être. Il eut cette sensation, cette sensation désagréable d'être observé. Il comprit rapidement qu'il n'était plus seul, et lorsqu'il tourna le regard, de l'autre côté, il aperçut quelqu'un. Quelqu'un dont la silhouette lui semblait familière. Mais quelqu'un d'hostile, qui visiblement ne cherchait pas à se cacher.
William mit du temps à reconnaître sa fille. Il lui sembla d'abord qu'il divaguait encore, qu'il n'avait là qu'un mirage, aussi n'eut-il aucune réelle réaction face à cette étrange apparition. Il semblait surprenant qu'un apprenti assassin de la Maison de l'Ombre se retrouve sur les terres de la Rivière, quand bien même ils seraient encore officiellement alliés. Mais il comprit rapidement qu'elle était bien réelle, et sa froideur muette lui glaça le sang. William ne broncha pas. Il décrocha son regard du sien, pour finalement faire ce qu'il comptait faire à la base, c'est-à-dire se poser. Il s'installa sur une pierre, et posa ses coudes sur ses genoux, bien en face d'Elléa. Sa fille. Sa fille étrangère. Son regard n'exprimait pas d'hostilité, il ne pouvait mépriser gratuitement, et il faisait des efforts pour que sa haine ne resplendisse plus. Il se savait coupable de bien des crimes, mais il avait décidé d'aller au-delà de sa propre culpabilité. Il tenta de s'accrocher à ce seul objectif, pour ne pas céder à la panique. Car Elléa n'était pas seulement sa fille ; elle était aussi celle de Grise. Et elle avait grandi. Il ne pouvait s'empêcher de voir sa femme à travers elle. Il ne pouvait s'empêcher de songer que c'était Grise qui portait un regard accusateur sur lui. C'était désagréable. Presque blessant. Mais il resta calme. Il inspira, expira. Calme. Y avait-il quelque chose à dire ? Quelque parole à énoncer ? Il n'en était pas persuadé. Qu'aurait-il dit à une inconnue ? Une inconnue ne l'aurait pas fixé ainsi, certes, à moins d'avoir reconnu le Seigneur de l'Ombre et d'avoir une furieuse dent contre lui, mais cela l'aurait tout de même étonné. Sa fille n'avait pas été celle qui avait le plus souffert, il en avait pleinement conscience. Mais il avait tout de même été absent pour elle. Et il était possible qu'elle lui en veuille pour le comportement qu'il avait eu avec son frère. Peut-être étaient-ils proches. Comment aurait-il réagi si son père avait été aussi cruel avec Ambre ? Sûrement mal. Il faut dire, son père s'était tellement occupé de lui qu'il aurait eu du mal à faire quoi que ce soit à sa sœur. Que se disait-elle en le voyant ainsi ? Sûrement ne savait-elle pas qu'il y a encore quelques jours, il était à moitié mort. Sûrement cette nouvelle l'aurait plus enchanté que de le retrouver ici. Après tout.
Tu lui ressembles un peu, murmura-t-il. À ta mère.
Il se tût un instant, pensif. Les mots ne lui étaient pas réellement destinés, ils n'étaient que le fruit d'une simple réflexion. Il n'avait rien d'autre à dire de toute façon. Enfin, si. Mais il avait presque hésité à le dire.
Tu me ressembles aussi... le regard.
Deux yeux bleu-vert. Deux yeux qui reflétaient la même haine qu'il aurait pu avoir, qu'il avait eu autrefois, et qu'il cherchait désormais à taire – il l'avait sûrement encore. Il n'était pas sûr que cela soit un réel compliment de sa part. En soi, cela n'en était pas un. Simple constat. Qui regardait-il en vérité, sa compagne ou lui-même, le poids de sa propre culpabilité ? Dommage que ce ne soit pas qu'un simple mirage.

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William des Cendres

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Elléa l'Apprentie
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MessageSujet: Re: Retrouvailles - PV.   Sam 16 Nov - 17:06

    Elléa pouvait encore faire demi tours, partir et décider d'ignorer la personne qu'elle venait de voir. Après tout, n'était-ce pas ce qu'elle faisait, souvent ? Quand une discussion l'ennuyait, elle s'éclipsait simplement. Mais là, elle n'en n'avait aucune envie. Elle ne voulait pas partir, pas tout de suite alors qu'en face d'elle se dressait son père. Lui qui avait abandonné la Maison de l'Ombre, qui avait laissé derrière lui un nombre incalculable de personnes qui comptaient sur lui pour les guider. Et lui, il était simplement parti. Simplement, le départ de son père restait une bonne chose aux yeux de la jeune demoiselle. Il était incapable, hautain et aussi méprisant que méprisable... Reconnu-t-il immédiatement sa fille ? Sans doute pas, et ça n'avait rien d'étonnant, il ne l'avait jamais vraiment vu, jamais vraiment regardée. Au début, les yeux de William s'étaient rivés sur Maximilian en qui il fondait tous les espoirs puis, lorsqu'il avait été déçu, il s'était définitivement désintéressé de ses enfants. Le pouvoir, c'était tout ce qui avait compté pour lui. Grise avait bien fait de partir, de le fuir, de l'abandonner. Il ne méritait que ça de toutes les manières. Comme si de rien n'était, l'ex-Seigneur de l'Ombre s'assit tranquillement. Elléa ne bougea pas, droite, debout, elle le fixait de son regard froid et méprisant. Lui aussi la regardait, et perdu dans ses pensées, il sembla absent un moment. Elle hésita alors à partir. À quoi bon rester ici ? Il était vivant, dans la Maison de la Rivière, loin d'elle alors c'était ce qui importait. Elléa se demanda brièvement si elle allait le dire à son frère, il avait le droit de savoir qu'il n'était pas mort mais elle le sentait plus apaisé depuis le départ de William, alors à quoi bon remuer le couteau dans la plaie ? Sa réflexion fut coupée par les paroles de son père.

    – Tu lui ressembles un peu. À ta mère. Elle ne lâcha pas du regard son père et aucun mot ne sorti de sa bouche, elle demeura silencieuse. Sa mère appartenait au passé, à sa petite enfance et même si elle avait voulu, elle ne se rappelait plus d'elle. Les images qu'elle conservait étaient floues et le visage de Grise comme celui de Bohème commençait à s'effacer peu à peu de a mémoire. – Tu me ressembles aussi... le regard. Elle observa l'unique œil de William... Si leurs regards étaient similaires, elle ne voulait en aucun cas se reconnaître dans le sien. Non, elle ne voulait pas lui ressembler parce qu'elle méprisait profondément l'être qui se tenait en face d'elle. Elléa demeura silencieuse un moment, elle voulait lui répondre, lui dire qu'il avait tort, mais parler n'avait jamais été son fort, elle se sentait incapable de s'exprimer avec de simples mots... Le silence plana donc pendant de longues secondes. N'était-ce pas un peu ridicule tout ça ? Son regard se perdit dans le paysage. Elle avait simplement voulu découvrir de nouvelles terres et elle se retrouvait face à son père, quelle tristesse. Finalement, ses yeux revinrent sur William.

     « Non. » répondit-elle finalement d'abord, avant d'enchaîner. « Non, je ne veux pas te ressembler, j'espère bien ne pas devenir comme toi. »

    Sa voix froide n'était ni très forte, ni très assurée, mais elle s'en fichait. Le silence retomba alors, de toutes la manières, elle n'attendait pas vraiment de réponses. Elléa ne souffrait pas, sa vie ne lui avait pas causé de grande douleur. Elle s'était faîte à l'absence de sa mère et celle de son père n'avait rien pour lui déplaire. Elle n'était pas à plaindre, sa vie n'avait rien de tragique. Et si parfois la présence naïve de Bohème lui manquait, cette mélancolie ne tardait pas à quitter son cœur. Elle n'était pas particulièrement sensible et bien loin d'être fragile, elle se sentait prête à endurer tout et n'importe quoi. Elléa vivait donc sans difficulté, sans douleur, sans envie de mourir. Elle observa William et lorsqu'une question lui brûla les lèvres, elle n'hésita pas à la poser.

     « Pourquoi as-tu renié Maximilian ? Pourquoi est-ce que tu le trouvais indigne de ta grande personne? » demanda-t-elle donc, insistant sur sa dernière phrase en prenant un ton ironique.

    Elle avait cessé de vouvoyer son père depuis longtemps, parce qu'elle n'avait plus aucun respect pour lui. Et de toute façon, il n'était plus rien désormais. Elléa attendit patiemment la réponse de son père, désireuse de savoir ce qui l'avait pousser à agir ainsi avec son propre fils. Maximilian avait toujours éveillé en elle cet instinct protecteur, même si elle ne le lui avouait pas et même si son frère n'en n'avait pas forcément besoin. Seulement c'était ainsi, elle ne voulait pas qu'on lui fasse du mal et c'était pourquoi elle cherchait à comprendre ce qui avait poussé William à le traiter comme il l'avait fait.

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Elléa la Mélancolique

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William des Cendres
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MessageSujet: Re: Retrouvailles - PV.   Dim 17 Nov - 19:17


Le silence. Le silence était parfois la plus efficace des armes. William se suspendait à ce dernier comme un pendu au bout de sa corde. La vie faisait parfois de drôles de cadeaux. Il cherchait la paix, et il récoltait la guerre. C'était irrémédiable. Si c'était une épreuve, une première étape à passer, alors soit, il se plierait à ces règles. Il pouvait supporter cette haine, ce mépris, ce silence. Il pouvait le supporter parce que, étrangement, cela ne lui faisait plus rien. Et c'en était presque rassurant. Lui qui avait fui depuis quelques jours les regards se rendit compte que ceux-ci ne le détournaient pas de son objectif. Qu'ils ne l'empêchaient plus de vivre. Et c'était rassurant, oui. C'était rassurant de voir sa propre fille le haïr et lui n'éprouver que de l'indifférence. Sûrement pouvait-on l'en blâmer. Mais tout cela appartenait à un passé duquel il était temps de se détacher. Elle lui ressemblait, mais elle n'était pas lui. Et elle ressemblait à Grise, mais elle n'était pas Grise. Elle était une inconnue. Le sang ne faisait pas tout. Il avait trop souvent cru à ce type de liens. Il savait désormais que cela n'avait guère d'importance. Il avait aimé sa famille. Il l'avait aimée. Pas Elléa, non, pas ses enfants, mais il avait aimé Ambre, il avait aimé sa mère, son père aussi. Il avait aimé sa femme, de manière certes parfois éloignée, mais il l'avait aimée. C'était étrange. N'avait-il pas finalement plus aimé ce qui lui avait été imposé de force que ce qu'il avait toujours cherché à construire ? Il s'amusa à se demander qui d'elle ou de lui avait le plus de haine envers sa personne. Cet amusement prit fin lorsqu'elle parla enfin.
– Non. Non, je ne veux pas te ressembler, j'espère bien ne pas devenir comme toi.
William sourit. Un sourire aussi froid que la voix qui venait de s'élever. Il constata à cet instant à quel point cette voix lui était étrangère. À quel point tout ce qu'il avait pu voir de familier en elle s'était dissipé. Elle pouvait nier, en tout cas. Elle pouvait ne pas vouloir lui ressembler. Ressembler ne voulait pas dire être. Il était presque heureux de cette constatation. Il ne voulait pas non plus qu'elle devienne comme lui. Déjà parce que cela ne serait pas très appréciable pour grand-monde, et ensuite parce que c'était très bien comme ça. Lui avait voulu ressembler à son père. Cela ne l'avait pas aidé. Quelque part, s'être montré si distant, si absent allait peut-être être utile à ses enfants. Ils allaient se construire sans lui. Peut-être en contradiction avec ce qu'ils avaient connu de lui. Ce n'était pas plus mal. Oui, c'était très bien. Elle pouvait le haïr, alors. Si cela pouvait la rassurer. Mais la voie de la haine, c'était aussi celle qu'il avait choisi. Elle ferait mieux de se méfier. Car sa réaction ressemblait à celle qu'il aurait pu avoir. Il décida de ne pas le lui confier. Il ne souhaitait pas s'attirer plus son courroux.
Elle aurait pu partir. Simplement se retourner, et partir. Lui n'avait pas la force de marcher de toute façon. Mais elle restait. Il ne savait pas trop pourquoi et, à vrai dire, ne se posait pas vraiment la question. Jusqu'à ce qu'elle parle à nouveau.
– Pourquoi as-tu renié Maximilian ? Pourquoi est-ce que tu le trouvais indigne de ta grande personne ?
Cette ironie. Elle recommençait à lui ressembler. Le regard de William vint se fixer dans celui de sa fille. Renié, Maximilian ? Maximilian. Oui, c'était son fils, celui-là. Il ne se souvenait pas vraiment de l'avoir renié. À vrai dire, sûrement l'avait-il fait, à sa façon, c'est-à-dire en l'ignorant. Il avait sûrement oublié. Cela n'avait plus de réelle importance pour lui. Il avait cru retrouver en son fils l'étincelle perdue, ce lien invisible qui le reliait autrefois à son père. Il s'était trompé. Dans sa déception et son agacement face à cet échec, il s'était montré à l'image de ce qu'il était ; cruel, froid, cassant. Il avait simplement tirer un trait sur une relation avec cet enfant. On pouvait appeler ça renier. Sûrement était-ce comme cela qu'il l'avait vécu. Il s'était montré égoïste. Mais, avec du recul, encore une fois, il n'y avait pas de mal à ce que Maximilian n'ait pas gagné ses faveurs. À ce qu'il ne lui ait pas ressemblé. Un autre lui, un autre lui élevé sur son modèle, cela n'aurait sûrement rien donné de bon. Il s'en rendait compte désormais. Il avait été stupide. Il ne s'y reprendrait plus. De toute façon, il ne souhaitait plus grand-chose à l'heure actuelle, à part remplir sa dette envers Julia. Par la suite... il verrait. Il verrait si la vie en valait encore la peine. Et peut-être la valait-elle. Peut-être. Il commençait à y songer sérieusement. Enfin ; il lui fallait bien répondre quelque chose. Et peut-être valait-il mieux être sincère. Même si cela pouvait attiser le mépris qu'elle avait pour lui. Il ne s'en alarmait pas vraiment.
Parce que tu le trouves digne de moi, toi ?
Il ne se serait jamais soupçonné d'une telle façon de parler. Mais cela lui ressemblait. Il n'était certes plus aussi prisonnier de son statut de Seigneur qu'auparavant, mais il gardait son manque de tact évident. Il l'admettait sans sourciller. Cette phrase était ironique, bien entendu, tout comme celle de sa fille. Et cette réponse-miroir ne faisait que souligner la petite pointe de ressemblance qu'ils pouvaient avoir. C'était une petite tacle. William soupira.
Aurais-tu voulu que je l'éduque à mon image, que j'en fasse mon petit soldat ? Il se tût quelques instants. Puis reprit, presque aussitôt. À vrai dire, je ne me souviens pas l'avoir renié. Je n'ai renié aucun d'entre vous, en soi. Je ne me suis simplement jamais intéressé à votre sort. Je ne pensais qu'à mon père. J'étais obsédé par lui.
C'était étrange. Étrange de résumer les choses ainsi. Ses paroles teintaient de vérité. Mais il n'avait jusqu'alors jamais pensé le dire ainsi. Et l'admettre de façon aussi directe. Obsédé par son père. Oui. C'était exactement ça. Avait-elle sa réponse ?

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William des Cendres

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MessageSujet: Re: Retrouvailles - PV.   Sam 23 Nov - 1:24

    Elle ne se sentait pas, ou du moins plus, énervée. Elléa s'était calmée, étrangement. Elle ne songeait plus à cette haine froide, à ce mépris qui la rongeait. Non, elle voulait simplement comprendre : comprendre pourquoi il avait agi ainsi, comprendre comment il avait pu traiter Maximilian de cette façon... Elle ne savait pas vraiment pourquoi, mais elle voulait ces réponses, elle les voulait pour tourner une page quelque part. Il était un inconnu, objet de son mépris qu'elle préférait voir loin d'elle et de sa famille. Sa famille... son frère. Quant à elle... Elléa n'avait pas encore pris le temps de réfléchir à ce que serait sa vie. De toutes les manières, elle était encore jeune, bientôt elle serait assassin, la prochaine nomination serait celle où elle monterait en grade. Mais quelle importance de toutes les manières ? Elléa était talentueuse, mais être assassin au fond, ça ne lui apportait pas grand chose. Elle savait qu'elle ne voulait pas passer le reste de sa vie dans la Maison de l'Ombre. Elle voulait partir, voyager, découvrir, se battre, lier des amitiés... Elle voulait une liberté totale, elle voulait prendre un cheval et parcourir le monde entier. Son regard se perdit un moment avant que la voix de William s'élève. Ah oui, c'est vrai, il était encore là.

    – Parce que tu le trouves digne de moi, toi ?

    Les yeux d'Elléa se plissèrent. À quoi jouait-il exactement ? Que gagnant-il en lui parlant ainsi ? Elle ne saisit pas cette petite pointe de ressemblance, ou ne voulut pas la remarquer.

    – Aurais-tu voulu que je l'éduque à mon image, que j'en fasse mon petit soldat ? Non, évidemment que non. À vrai dire, je ne me souviens pas l'avoir renié. Je n'ai renié aucun d'entre vous, en soi. Je ne me suis simplement jamais intéressé à votre sort. Je ne pensais qu'à mon père. J'étais obsédé par lui.

    Obsédé par son père... Elléa demeura silencieuse, satisfaite d'elle même, satisfaite de voir qu'elle avait abandonné cette admiration paternelle depuis longtemps. Il aurait été bien stupide de faire les mêmes erreurs que lui. Aussi décida-t-elle d'une chose à cet instant, alors que William venait de s'exprimer. Une fois cette entrevue terminée, elle ne songerait plus à lui. Il n'en valait de toutes les manières, pas la peine. Et non, elle ne parlerait pas de cette rencontre à Maximilian, il n'ignorait sans doute pas que son père était encore en vie, mais elle ne voulait pas lui dire où il était. Il était tellement mieux sans lui.

     « Non, je ne parle pas de l'éduquer à ton image, loin de là... Je crois seulement que Maximilian voulait juste que tu l'aimes, c'est normal non ? Tu devrais au moins être capable de comprendre ça. » Finit-elle par répondre. Sa voix s'éteignit un moment où elle chercha ses mots.  «  Je vois... c'est pour ça que Grise est parti aussi, parce que tu ne t'es jamais intéressé à son sort à elle non plus ? »

    Peut-être que là c'était un peu poussé, elle faisait parfois preuve d'arrogance sans même s'en rendre compte. Mais il n'était pas question de lui faire payer, elle ne voulait pas le mettre face à ses erreurs, elle osait encore espérer qu'il était assez grand pour ça. Non, là encore, elle désirait comprendre. Comprendre pourquoi du jour au lendemain, sa mère était partie avec son frère en les laissant, Maximilian et elle. Au début, elle avait souffert de cette disparition brutale et... injuste. Après tout, pourquoi uniquement Bohème ? Qu'avait-il de plus ou de moins ? Et puis elle avait accepté. C'était ainsi et elle n'y pouvait rien, alors autant ne pas se battre contre ça. Et si elle posait cette question, c'était parce qu'elle avait toujours aimé apprendre, savoir tout. Alors cette interrogation ne partait pas d'une envie de lui faire mal même si elle savait pertinemment que ça ne devait pas être facile pour William d'entendre ça. Mais si elle n'était pas énervée contre lui, la douleur que pouvait éprouver son père lui était encore totalement égale. Elle se fichait de ce qu'il pouvait ressentir... mais c'était normal, après tout, pourquoi se serait-elle inquiétée pour quelqu'un qui n'avait jamais fait attention à elle ? Ça n'aurait eu aucun sens, aucune logique.

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Elléa la Mélancolique

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William des Cendres
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MessageSujet: Re: Retrouvailles - PV.   Dim 24 Nov - 18:58


Le brin de mépris qui auréolait le regard de la jeune fille sembla s'éteindre, comme remplacé par de l'indifférence. Le silence s'était de nouveau installé, mais il était différent du précédent. Il n'y avait rien entre eux, rien que cette distance qui les séparait l'un de l'autre, rien qui ne puisse les rapprocher si ce n'est le sang, et quelques fois le comportement qui ne pouvait s'empêcher de se ressembler. William ne sut dire s'il était véritablement fier de ne pas s'être emporté, fier de ne pas avoir rabroué vivement cette apparition du passé, mais il était rassuré de voir que les évènements prenaient une tournure un peu plus sereine, malgré la tension qui planait encore. Il commençait à comprendre ce que la paix pouvait lui apporter, il était surpris de constater qu'il suffisait parfois d'être calme pour que les choses passent mieux. Ne pas laisser la haine le reprendre, ne pas se laisser à nouveau emporter par la souffrance – ne pas finir dans le même état que la dernière fois. Il réapprenait, petit à petit, à vivre. Il réapprenait à être. Et c'était agréable. Même si l'épreuve était difficile, même si elle était désagréable, même s'il aurait préféré simplement passer un petit moment seul et tranquille, il se sentait presque... serein. En paix avec lui-même. Pour combien de temps ? Il n'aurait su dire ; mais il espérait que cela durerait, qu'il ne ferait pas de rechute, car il craignait d'avance jusqu'où il serait capable d'aller à nouveau. Une parole, quelques mots, ils reviennent, attendant encore une réponse – peut-être, ou peut-être pas :
– Non, je ne parle pas de l'éduquer à ton image, loin de là... Je crois seulement que Maximilian voulait juste que tu l'aimes, c'est normal, non ? Tu devrais au moins être capable de comprendre ça.
William n'eut aucune réaction. L'amour. Oui, quelque part, il pouvait comprendre. Et, à la fois, il avait tellement été longtemps déconnecté de cette réalité qu'il ne s'en était simplement pas rendu compte. Tout cela l'avait dépassé. Il n'avait pas même songé à aimer ses enfants. Ce pouvait être absurde. Mais le mal-être dans lequel il s'était englué l'avait empêché de voir autre chose que lui-même. Il le reconnaissait désormais sans réchigner. Quand bien même il aurait regretté, cela n'aurait pas changé grand-chose. De l'amour, il en avait reçu, et cela ne l'avait pas empêché de mal finir.
– Je vois... c'est pour ça que Grise est partie aussi, parce que tu ne t'es jamais intéressé à son sort à elle non plus ?
Cette fois-ci, le silence se fit de plomb. William se figea, et son regard se plongea avec une profondeur inouïe dans celui de la petite, sans même qu'il ne s'en rende compte. Parler de personnes qu'il aurait dû aimer mais qu'il n'avait jamais remarqué était désagréable mais surmontable ; parler de l'être aimé, l'être cher perdu, c'était autre chose. Elle ne reviendra jamais. Il se revoyait, face à la Pierre de Lune, pierre des Dieux, pierre des Ancêtres. Il la revoyait, et il se sentait à nouveau mortifié, le cœur empli de détresse – il se revoyait, marchant jusqu'à en saigner, le corps meurtri, errant comme un pauvre hère à la recherche de la femme qu'on lui avait arraché... Grise. C'était elle, Grise, qui lui avait fait réaliser. Son départ l'avait éclairé. Il s'était rendu compte à quel point il n'avait pas été présent pour elle. Il avait voulu mourir pour ça. Grise. Mais tandis que les souvenirs défilaient devant lui, il revit également son éveil, il se revit prenant conscience de la vie, prenant conscience qu'il était temps de grandir. Enfin. Grise était partie. Mais il n'y pouvait plus rien. Il détacha son regard, l'air vague. Perdu. Il aurait voulu s'énerver, mais cela n'avait pas de sens. Cela ne changerait bien. Il ne pouvait se décharger de sa colère sur la gamine. Quand bien même elle pouvait se montrer insensible à sa cause, lui l'était bien sur son sort. On ne peut réparer des années de négligence, dans un sens comme dans l'autre. Mais il pouvait au moins répondre, au moins le dire. Au moins dire enfin à voix haute ce qu'il pensait, du plus profond de lui-même, et cesser de se voiler derrière un rôle de Seigneur qu'il n'avait plus.
J'aime Grise. Il lui sembla perdre pied. Il chercha ses mots. Il reprit : Je l'ai toujours aimée. Mais je l'ai délaissée. Je n'ai même pas remarqué son absence. J'étais persuadé qu'elle reviendrait.
Pourquoi ? Pourquoi était-elle partie ? Il avait envie de le hurler. Ils me l'ont prise ! Mais il n'en était même pas sûr. Ce ne serait pas la première fois qu'il aurait été face aux Ancêtres. Mais tout cela n'avait guère de sens. Il ne passerait que pour un fou. Y avait-il pourtant une explication plus plausible ? Pourquoi Grise serait-elle partie, laissant derrière elles deux de ses propres enfants ? Elle, elle les avait élevés, aimés. Pourquoi serait-elle partie avec un seul d'entre eux ? Y avait-il une solution à cette énigme ? Autre que la seule qui lui semblait valable ?...
Si elle était partie à cause de moi, pourquoi ne vous aurait-elle pas tous emmené avec elle ?
La question lui avait échappé. Il n'avait pu s'en empêcher. Peut-être n'étaient-ils tout simplement pas faits pour être parents. Après tout, elle aussi avait abandonné ses propres enfants. Il aurait aimé dire qu'elle n'était pas partie, qu'on l'avait enlevée. Pour lui faire du mal, sans doute. Mais pourquoi ne pas lui demander rançon ? Et pourquoi Bohême ? Il n'aurait su répondre. Peut-être n'auraient-ils jamais dû s'aimer. Cette pensée le déchira plus que toutes les autres. Peut-être qu'elle avait cessé de l'aimer. Cette fois-ci, William dut à nouveau se masser la tête, fermer l'oeil un instant et tenter d'apaiser cette petite onde de panique qui commençait à grimper en lui. Il n'avait pas à se torturer avec des questions sans réponses. Cela ne menait à rien.
Je ne sais pas pourquoi elle est partie. Je ne sais même pas si elle est morte, ou vivante. Mais elle ne reviendra jamais. Ce sont les derniers mots de la Pierre de Lune lorsque je l'ai effleurée. Elle ne reviendra jamais, et c'est peut-être de ma faute. Je ne sais pourquoi elle est partie, mais c'est pour cette raison que j'ai quitté l'Ombre. Et que je ne reviendrais jamais non plus.
À quoi bon retourner là-bas ?... au-delà du regard de ceux qui autrefois le voyaient comme leur Seigneur, il y avait l'absence d'attache. Il n'avait plus aucun repère. Même s'il la voyait peu, il l'aimait ; elle était son rayon de soleil, la pensée qui le rassurait. Il n'était jamais présent pour elle, mais cela ne l'empêchait pas de l'aimer, à sa façon. C'était absurde. Il était fautif. Il ne pourrait plus jamais retourner là-bas. Car il savait qu'elle n'y était plus. Et qu'il ne voulait plus parcourir ces terres en l'imaginant présente, pour finalement se rendre compte qu'elle n'y serait jamais. Il ne savait plus exactement à qui il parlait, et il savait qu'elle se fichait bien qu'il revienne un jour. Mais il avait besoin de le dire. C'était sa thérapie. Son moment à lui. Il avait besoin de s'avouer l'inavouable. Pour mieux aller de l'avant.

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MessageSujet: Re: Retrouvailles - PV.   Dim 1 Déc - 2:27

    Il resta stoïque, impassible lorsqu'elle lui parla de Maximilian, de l'amour qu'il avait cherché en vain. Mais lorsqu'elle avait osé axer la discussion sur le cas de Grise, le regard de William s'était durcit. Elle ne vacilla pas et resta de marbre à son tours. Elle savait qu'il s'agissait d'un sujet épineux mais elle s'en fichait. Elléa avait envie de savoir pourquoi, et rien ne pouvait l'empêcher de poser des questions, même s'il elles étaient difficiles à entendre. Et de toutes les façons, pourquoi ménagerait-elle quelqu'un comme lui ? Elle ne comptait pas en faire son principal ennemi, ne voulait pas se venger : simplement savoir. Et si parler de son amour était difficile alors tant pis pour lui. – J'aime Grise. Il chercha ses mots. Il reprit : Je l'ai toujours aimée. Mais je l'ai délaissée. Je n'ai même pas remarqué son absence. J'étais persuadé qu'elle reviendrait. Même pas remarqué son absence... ça ne l'étonnait pas. Grise avait trahie la Maison du Tonnerre pour celle de l'Ombre par amour pour William et finalement, il l'avait ignoré. Parce que rien ne comptait plus que le pouvoir. Elléa eut un sourire dénué de chaleur, un sourire ironique qu'elle conserva quelques instants. Le silence plana quelques secondes mais finalement, son géniteur le brisa à nouveau. – Si elle était partie à cause de moi, pourquoi ne vous aurait-elle pas tous emmené avec elle ? Elléa s'était souvent posée cette question. Elle avait haït sa mère pour l'avoir abandonnée, s'était demandé ce qu'elle avait fait de mal pour qu'elle ne l'emmène pas. Elle avait pleuré, hurlé, gémit, sangloté... seule. Toujours. Et puis elle s'était fait à l'idée. La question était alors restée sans réponse, hantant ses jours jusqu'à ce qu'elle passe à autre chose, simplement. Elle en avait eut assez de s’apitoyer sur elle-même et elle avait avancé. Alors que son père remette sur le tapis ce sujet ne la dérangeait pas. Elle n'avait pas plus de réponses que lui, seulement, elle ne s'accrochait pas à l'excuse de l'enlèvement : d'après elle, personne n'avait pris Grise, elle était partie, tout simplement. Qu'elle n'ait emporté que Bohème demeurait quelque chose d'incompréhensible mais elle ne s'attardait pas sur ça : plus maintenant. William porta ses mains à sa tête comme pour chasser une migraine. Patiemment, Elléa attendit qu'il finisse ce qu'il avait à dire.

    – Je ne sais pas pourquoi elle est partie. Je ne sais même pas si elle est morte, ou vivante. Mais elle ne reviendra jamais. Ce sont les derniers mots de la Pierre de Lune lorsque je l'ai effleurée. Elle ne reviendra jamais, et c'est peut-être de ma faute. Je ne sais pourquoi elle est partie, mais c'est pour cette raison que j'ai quitté l'Ombre. Et que je ne reviendrais jamais non plus.

    Elléa demeura silencieuse : c'était presque évident qu'il n'allait pas revenir, le préciser était inutile mais il semblait un peu ailleurs. Ne pouvait-il pas être totalement là pour une fois. Mettant de côté son agacement qu'elle oublia bien vite, elle se pencha sur ses paroles. Les ancêtres donc, ceux qu'on leur avait appris à renier depuis leur naissance, avaient parlés en lui disant que Grise ne reviendrait jamais ? Et lui avait quitté l'Ombre des mois après cette nouvelle, parce qu'il avait enfin réalisé qu'elle ne reviendrait pas ? Il était parti parce que sa douleur l'avait emporté sur sa raison mais pourquoi après tant de temps ? Grise s'était enfuie depuis des mois quand il avait disparu à son tours.

     « Je me suis souvent demandée pourquoi elle était partie uniquement avec Bohème et je n'ai jamais eu de réponses. Mais ça n'a plus aucune importance, elle est partie et c'est tout. » Elléa regarda son père un moment.  « Elle ne reviendra jamais... Je crois que je préfère ça, maintenant qu'elle est loin et qu'on a grandi sans elle. » Pour qui parlait-elle au juste ? Bonne question. Ce qu'elle racontait ne devait sans doute pas intéresser William.

    Elle se tût un long moment et plongea dans ses pensées. Cassandre de Jais avait pris la place de Seigneur de l'Ombre et tout continuait comme avant. Le départ de William n'avait pas crée de grands événements c'était comme... la suite logique des choses. Alors qu'il ne revienne jamais ne changeait rien à sa vie et rien à l'Ombre.

     « Le plus étonnant aurait été que tu reviennes. Je crois de toutes les manières que tu n'as plus ta place nul part à l'Ombre. Mais comment t'es-tu retrouvé à la Rivière ? Pourquoi a-t-on accepté un Seigneur d'une autre Maison ? »

    Après tout, de ce qu'elle savait Julia l'Obscure et son père n'étaient pas proches, alors comment cela se faisait-il qu'il vivait tranquillement parmi les autres paladins de la Rivière ? C'était incompréhensible... De nature curieuse, Elléa attendit qu'il réponde à ses questions.

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MessageSujet: Re: Retrouvailles - PV.   Sam 7 Déc - 19:58


Le monde pouvait continuer, ou s'éteindre. Le monde allait continuer. Lui aussi. William rouvrit son unique œil, cherchant à effacer les maux qui l'avaient repris. Il ne devait pas céder. Il ne devait pas sombrer à nouveau. À quoi bon ? Il lui arrivait d'y songer. Il lui arrivait de songer à mille façons de se donner la mort, mille façons de disparaître. Ces pensées lui semblaient l'ombre d'un instant une issue, puis il se souvenait que cela n'avait aucun sens et les chassait, effrayé par ce qu'il constatait comme étant un mal-être inaliénable. Seul l'espoir qui lui avait été insuflé le gardait paisible quelques temps. Et il continuait de se battre, seul et silencieux, face à ce monde noir dans lequel il avait eu le malheur de s'engouffrer pour finalement se perdre. Pouvait-on guérir de cela ? Les guérisseurs d'ici n'avaient jamais su identifier de nom à ces maladies de l'esprit. Il n'y avait pas d'autre remède que sa propre pensée, elle-même qui était également un poison. Il n'y avait rien d'étonnant à ce qu'il souffre physiquement de ces tortures de l'être, à ce combat sans fin entre lui et lui-même. William prenait à peine conscience de ses symptômes. Ce petit moment de faiblesse le fit oublier où il était, et avec qui. Mais lorsque son regard se posa à nouveau sur Elléa, il comprit, et n'en ressentit rien d'autre que de la lassitude. C'était son deuxième dialogue depuis son éveil, et il est vrai que celui-ci, bien que moins agaçant en soi puisqu'il était plus... armé disons, était également bien moins apaisant en vérité. Il existe de drôles de paradoxes en ce monde. Il réapprenait. Il ne savait réellement s'il avait des comptes à rendre à sa fille. Il ne savait pas vraiment où tout cela le menait. Mais, quelque part, c'était la première fois qu'ils avaient une vraie discussion. Peut-être que cela pouvait éclairer quelque peu leur relation, expliquer un peu plus leur indifférence mutuelle. Peut-être que cela pouvait l'aider à comprendre pourquoi cela faisait plus d'une douzaine d'années qu'il gâchait sa vie.
– Je me suis souvent demandée pourquoi elle était partie uniquement avec Bohème et je n'ai jamais eu de réponses. Mais ça n'a plus aucune importance, elle est partie et c'est tout.
Ah, oui... Ils parlaient de Grise. Cela expliquait beaucoup de choses. William ne surprit dans la voix de sa fille aucune appréciation pour celle qui l'avait engendrée. Il semblait que son absence ne l'affectait pas, ou plus. Un moyen de se protéger ou une triste réalité ? Il n'eut su répondre. Comment quelque chose d'aussi beau que l'amour de deux êtres pouvait engendrer du mépris ?... Il avait été si heureux en décidant de fonder une famille... Il avait voulu la paix avec les autres Maisons pour eux. Mais tout cela était parti. Pourquoi ? Pourquoi avait-il fini par se détourner du droit chemin ? Il avait été un homme bien, autrefois, du moins, il lui semblait s'en souvenir... Il avait aimé et été aimé en retour. Cela ne pouvait pas être sans raisons. Il avait voulu être présent pour ses enfants. Pourquoi sa vie lui avait-elle échappé ? Pourquoi avait-il mis tant de temps à s'en rendre compte ? Des questions, il en avait aussi – des milliers. Il n'avait hélas pas réponse à tout. Et le regard de sa fille, plongé dans le sien, ne l'aidait pas réellement à comprendre.
– Elle ne reviendra jamais... Je crois que je préfère ça, maintenant qu'elle est loin et qu'on a grandi sans elle.
Grandi ? William ne comprenait pas. Cela ne faisait pas si longtemps que cela... Non ? Mais combien de temps, en fait ? Il n'avait plus réellement la notion du temps. Tout lui semblait flou et incertain. Il lui avait semblé que Grise avait participé à leur éducation, longtemps. Il lui avait semblé. Mais en vérité, il n'en était même plus sûr. Il ne comprenait plus grand-chose. C'était comme si quelque chose s'était immiscé dans sa tête et lui avait fait perdre conscience de tout. Il avait l'impression de se retrouver jeté dans un monde dont il ne se sentait pas faire part. Reconstruire sa vie... Combien de temps cela allait-il prendre ? Combien de temps allait-il nager à contre-courant ainsi ? Pouvait-il véritablement se reprendre en main, après toutes ces années ? Et comment ? Sa fille, elle, avait-elle trouvé le bonheur ? Il ne semblait pas, non, à la voir ainsi... Peut-être que cette conversation pouvait les apaiser tous les deux, les aider à aller de l'avant... à s'oublier, simplement. À tourner la page. Cette pensée clarifia toutes les autres, et il se sentit à nouveau un peu plus d'aplomb. Qu'au moins il laisse quelque chose à ses enfants.
– Le plus étonnant aurait été que tu reviennes. Je crois de toutes les manières que tu n'as plus ta place nulle part à l'Ombre. Mais comment t'es-tu retrouvé à la Rivière ? Pourquoi a-t-on accepté un Seigneur d'une autre Maison ?
Un sourire. Un sourire doux, empli de mélancolie, parcourut le visage de William. Il s'était posé cette même question à son éveil. Il n'avait pas compris. Mais désormais, il pouvait commencer à voir les contours d'une réponse. Et c'était cette réponse qui lui avait apporté un brin de paix et qui le retenait à la Rivière – et à la vie. Que dire exactement ? Puisque l'objectif était de s'exposer en toute sincérité, il allait continuer sur cette voie. Sa réponse ne tarda pas trop, elle se fit d'une voix plus calme et moins perdue que les précédentes :
Le Seigneur de la Rivière n'a pas accepté de porter secours au Seigneur de l'Ombre – elle a simplement porté secours à un mourant. Lorsque Julia m'a trouvé, je n'étais rien de plus qu'un fou errant, prêt à courir à sa mort. Et lorsque celle-ci a tenté de me prendre, elle m'a mené auprès des siens et m'a soigné. Je ne saurais parler pour elle, mais je dirais qu'elle n'avait pas le cœur à laisser quiconque mourir sous ses yeux.
Un léger silence vint ponctuer son discours. Il continua sur le même ton, emprunt d'une certaine reconnaissance :
À mon réveil, elle a su ranimer en moi l'espoir d'un avenir. Je lui dois bien plus que la vie. Je ne pense pas que mon retour à la Maison de la Rivière soit un hasard et, jusqu'à mon rétablissement, je me suis promis de lui être dévoué.
Il ne savait réellement s'il allait se rétablir un jour. Mais il lui semblait qu'il avait signé un contrat, en quelque sorte. Il ne pouvait parler d' « amitié », car en vérité, il connaissait peu Julia ; mais il éprouvait un réel respect pour elle, et de la sympathie. Elle lui évoquait ce qu'il avait perdu autrefois. C'était absurde, elle avait admis, quelque part, ne pas être plus avancée que lui à l'heure actuelle sur la vie. Mais pourtant, ne valait-elle pas bien mieux que lui – bien mieux que beaucoup d'entre eux ? Il avait rarement pu observer autant de sagesse et de bonté en un être, et cela l'avait touché. Il ne l'avait pas soupçonnée, devant la froideur qu'avait pu lui évoquer le Seigneur de la Rivière. Ils n'étaient pas intimes désormais, mais ils n'étaient plus des inconnus non plus, et il lui semblait avoir vu en elle quelque chose que peu de personnes avaient su déceler. Sûrement cela ne voulait-il pas dire grand-chose pour Elléa, et lui-même n'avait su trouver des mots sur ces drôles de pensées. Il y avait des mystères dans la vie. Et celui-là en faisait partie.

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MessageSujet: Re: Retrouvailles - PV.   Jeu 12 Déc - 1:06

    Elléa ne se rendait plus tellement compte qui était la personne en face d'elle. Oui, il avait été Seigneur de l'Ombre et il était censé être son père mais... il n'avait jamais réellement été présent. Elle se souvenait parfaitement de l'admiration sans borne qu'elle lui avait voué, fut un temps. Un temps qui lui semblait déjà bien lointain. À cette époque, elle l'observait lorsqu'il demandait à la Maison de se réunir pour les nominations, avec des étoiles dans les yeux. C'est mon père ! voilà ce qu'elle soufflait à ceux qui l'entouraient, avec une telle dévotion, une telle envie de reconnaissance... Et puis, ça s'était effacé, petit à petit. Ce sentiment de fierté avait laissé place au mépris, presque à la haine. Et maintenant, que restait-il ? Cette rencontre achevait de la conduire sur le chemin de l'indifférence : peu lui importait son père, sa mort, sa place, son rang, sa Maison. Aucune de ses enfant n'avaient réellement existé pour lui, alors elle n'avait rien à gagné en le haïssant. Rien à perdre non plus. La seule personne qu'elle craignait de voir s'en aller, s'éloigner était Maximilian. Elléa était arrivée à une conclusion assez similaire pour Grise : sa mère qu'elle avait pourtant aimé, qui l'avait élevée était finalement partie avec Bohème uniquement. Alors pourquoi aurait-elle continué à aimer une personne absente ? Pourquoi aurait-elle pleuré quelqu'un qui avait décidé de disparaître de sa vie ? Elle allait de l'avant, tout simplement. Sa mère avait disparu avant même sa nomination d'apprentie et alors qu'elle s'achevait, Elléa se rendait compte qu'elle avait grandi, mûri et que cela l'avait amenée à être indépendante, ce qui ne lui déplaisait pas. Elléa observa l'étrange sourire qui s'était étalé sur les lèvres de William. À quoi pensait-il au juste ? Elle n'attendit pas bien longtemps avant d'avoir sa réponse.

    – Le Seigneur de la Rivière n'a pas accepté de porter secours au Seigneur de l'Ombre – elle a simplement porté secours à un mourant. Lorsque Julia m'a trouvé, je n'étais rien de plus qu'un fou errant, prêt à courir à sa mort. Et lorsque celle-ci a tenté de me prendre, elle m'a mené auprès des siens et m'a soigné. Je ne saurais parler pour elle, mais je dirais qu'elle n'avait pas le cœur à laisser quiconque mourir sous ses yeux.

    Elléa resta immobile. Il était vrai qu'elle ne voyait pas Julia l'Obscure de cette façon mais après tout, elle ne la connaissait absolument pas. En revanche, imaginer son père dans un état second, proche de la folie était presque... amusant ? Non ça n'était sans doute pas le mot mais ça ne l'étonnait presque pas.

    – À mon réveil, elle a su ranimer en moi l'espoir d'un avenir. Je lui dois bien plus que la vie. Je ne pense pas que mon retour à la Maison de la Rivière soit un hasard et, jusqu'à mon rétablissement, je me suis promis de lui être dévoué.

    Ces paroles-ci interloquèrent un bref instant la jeune demoiselle. William des Cendres, dévoué et reconnaissant ? Elle n'avait donc pas eu tout faux en supposant qu'il était mieux pour tout le monde qu'il parte de la Maison de l'Ombre. Apparemment, frôler la mort lui avait redonné un côté humain. Elléa repartit dans ses pensées. Ce changement de Seigneur allait-il provoquer un changement d'alliance ? Après tout, William n'était plus rien et elle voyait mal Cassandre de Jais perpétuer la soit-disant « haine » de la Maison du l'Ombre pour le Vent. Peut-être que la paix entre les Quatre Maisons – et ceux malgré les hérétiques – était enfin à envisager. Elle faillit eut un sourire ironique : si ça se réalisait, le climat que son géniteur avait tant désiré pour fonder sa famille prendrait enfin place avec la fin de son règne. Elléa laissa le silence s'installer un moment. Le Seigneur de la Rivière semblait-être quelqu'un de bien, William avait beaucoup (trop ?) de chance en tombant sur elle. N'importe qui d'autre, d'autant plus avec l'arrivée de l'hiver, l'aurait laissé mourir.

     «  Qui aurait cru que l'ancien Seigneur de l'Ombre pouvait être dévoué ? » Pure question rhétorique, il n'y avait rien à répondre.  « Je ne sais pas si tu le sais, mais Cassandre de Jais est donc montée sur le trône après toi, et c'est Shaé des Abysses qui la seconde. » termina-t-elle simplement.

    Elle savait que les nouvelles allaient vites mais en revanche, elle ignorait si son père était au courant ou non. Et si ça n'était pas le cas, alors il avait au moins le droit de savoir. Et de toutes les manières, elle n'avait plus que ça à lui dire. Ils se connaissaient si peu... que pouvait-elle lui dire d'autre ? Elle n'était ni plus ni moins qu'une apprentie de la Maison de l'Ombre pour lui et inversement : il avait simplement été Seigneur pendant un moment à ses yeux.

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MessageSujet: Re: Retrouvailles - PV.   Sam 14 Déc - 18:59


William ne s'attendait pas à énormément de compréhension de la part d'Elléa. À vrai dire, il ne s'attendait pas à grand-chose venant d'elle, pour la simple raison qu'il ne la connaissait pas assez. Il reconnaissait le lien de parenté qui les unissait, car il était difficile de passer outre ces quelques traits physiques et mentaux qu'elle partageait avec lui et Grise ; mais à la fois, il ne pouvait se résoudre à véritablement y croire, car tout cela lui semblait bien vague. Elle était simplement une inconnue familière, dénuée désormais de l'agressivité à laquelle elle l'avait d'abord voué, et avec qui désormais il conversait, dans le simple but d'éclairer sa lanterne. Elle avait droit à ses réponses, et il était de son devoir de les lui apporter. À quoi bon se haïr, se mépriser ? Ils n'étaient rien l'un pour l'autre, rien de plus qu'un simple souvenir. Alors autant ne le voir qu'ainsi, autant ne pas se laisser happer par des sentiments qui ne leur apportait rien. Autant se tourner le dos et partir, chacun de son côté, avec la simple impression d'avoir réglé des comptes avec un passé parfois dérangeant. William ne se faisait pas d'illusions quant à l'avenir de sa relation avec sa fille, son objectif n'était pas de reconquérir un amour auquel il ne s'était jamais consacré ; il n'était père que par le sang, mais rien dans ses actes ne l'avait jamais prouvé. Il n'espérait pas non plus apprendre à la connaître et à l'apprécier comme un être à part entière, car il ne pouvait malgré tout lui ôter toute la symbolique auquelle elle le ramenait par sa seule présence. Il ne cherchait pas à combattre le destin. Il avait déjà assez à faire avec ses propres maux pour en plus vouloir chercher plus loin. C'était ainsi, et cela ne changeait rien.
Toujours est-il qu'il avait parlé de Julia, et il comprenait que cette image qu'il peignait du Seigneur de la Rivière ne devait pas réellement correspondre à celle à laquelle la rattachaient la populace, mais il savait détenir une vérité bien gardée, précieuse, et qu'il pouvait s'y fier. Il avait conscience de la chance insolite qui avait fait qu'il avait croisé sa route. Il avait d'abord désapprouvé ce choix, car il avait cru entrapercevoir la mort comme une libération à sa folie. En vérité, il ne savait pas encore si Julia avait réellement eu raison de le sauver ; mais il avait envie de lui rendre hommage, malgré tout. Il avait envie de croire en ses paroles et de se laisser une chance. Il verrait bien quelle réponse il aurait, si un jour il en détenait une ; il pourrait alors la lui donner. C'est absurde comme certaines choses peuvent nous lier à des êtres qui, jusqu'alors, nous indifféraient. Peut-être avait-il tort, d'une certaine façon, de se dire que sa relation avec Elléa resterait au point mort et que c'était ainsi. Peut-être ; ou peut-être pas.
– Qui aurait cru que l'ancien Seigneur de l'Ombre pouvait être dévoué ?
La question n'attendait aucune réponse. William se contenta d'un simple silence, son regard à nouveau levé sur l'enfant, l'enfant qui n'en était déjà plus une, l'enfant qui était déjà une femme. La femme qui reprit :
– Je ne sais pas si tu le sais, mais Cassandre de Jais est donc montée sur le trône après toi, et c'est Shaé des Abysses qui la seconde.
Non, il ne le savait pas. Enfin, avant. Cette « révélation », qui n'en était pas vraiment une – il se doutait déjà que son Capitaine avait dû le remplacer – lui fit un drôle d'effet, et ce n'était pas très agréable. William n'avait jamais réellement apprécier Cassandre. Sûrement avait-il vu en elle assez rapidement une rivale à la relation empoisonnée qu'il menait avec son père, et cela s'était révélé juste. Il n'était pas vraiment certain de ses qualités de Seigneur, mais, d'un autre côté, le sort de l'Ombre lui importait peu désormais. Et puis, le nom de Shaé des Abysses l'avait presque réconforté, il était fier de savoir qu'un assassin était devenu Capitaine, et il savait, sans l'avoir connue personnellement, qu'elle était un bon élément. Cela lui fit songer avec nostalgie aux assassins, auxquels il avait toujours laissé beaucoup de liberté, et qu'il avait toujours apprécié à juste titre – celui qu'il avait lui-même été formé ainsi. S'il devait avoir un réel regret à son non-retour, c'était celui de laisser derrière lui une caste d'aussi grande qualité. Et puis, tant qu'il n'entendait pas le nom de son père, il lui était plus supportable d'admettre que lui et sa compagne avaient « gagné ».
C'est bien, murmura-t-il alors, effaçant ainsi en trois mots toute la rancoeur qu'il avait nourrie envers celle qui désormais lui avait succédé. C'est même sûrement mieux ainsi.
Reconnaître sa défaite n'était pas bien compliqué dans le sens où il n'avait pas véritablement eu à se battre. Il ne s'attendait pas à grand-chose de plus. La Maison de la Rivière allait peut-être lui apporter un grand réconfort. Revenir à ses origines allait peut-être l'aider à y voir plus clair. Toujours est-il qu'il se sentait un peu mieux, malgré quelques baisses de tensions, et qu'il se sentait bien, ici-même, en ces lieux. Il ne ressentait plus le désagrément de devoir se prononcer face à un éventuel bourreau. Il lui semblait presque trouver quelque chose de naturel à être ainsi à parler à Elléa. Malgré son défaitisme naturel, il lui semblait trouver en cela une certaine harmonie. Et, alors qu'elle avait guidé leur conversation tout le long de ces étranges « retrouvailles », ce fut à lui de se prononcer, d'une voix calme et limpide :
Et toi, que comptes-tu faire par la suite ?
C'était la première fois. Sûrement la première fois depuis la naissance de sa fille qu'il lui posait une question de cette nature. Une question tout court. La première fois qu'il s'intéressait un tant soit peu à ce qu'elle était, elle, à sa vie. Il se demandait. Elle était apprenti assassin. Avait-elle l'ambition par la suite de devenir Capitaine à son tour ? Que pensait-elle de la Maison de l'Ombre ? Qui était-elle ? Cette question lui était venue naturellement, aussi absurde pouvait-elle paraître. Aussi incongrue qu'elle soit. Après tout, elle aussi lui avait posé des questions. Il était simplement curieux de savoir. Curieux de savoir vers quel chemin elle s'engageait, tandis que lui prenait celui de la rédemption. Curieux de savoir ce qu'elle allait bien répondre – car il y avait tant et si peu à dire ; c'était une question ouverte, une question vaste, une question qui pouvait se tenir aussi sur leur relation, que comptait-elle faire par la suite pour eux – l'oublier, l'effacer ? Et maintenant ? C'était là tout l'intérêt. Elle pouvait ne rien répondre tout comme elle pouvait répondre une ribambelle de paroles. C'était tout à son gré. C'était à elle de parler.

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William des Cendres

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MessageSujet: Re: Retrouvailles - PV.   Jeu 26 Déc - 3:00

    Elléa songea un moment à Maximilian, elle ne pouvait pas deviner sa réaction si jamais elle lui apprenait qu'elle avait conversé avec William, qu'elle savait où il se trouvait et qu'il était bien vivant... Pour combien de temps encore ? Il lui avait avoué avoir frôlé la mort, et si pourtant il était encore de ce monde, dans ses souvenirs à elle, il se portait bien mieux. Enfin peu importait, pour le moment, il se dressait devant elle, et elle l'observait. Perdue dans ses pensées, son visage n'exprimait pas de sentiment particulier alors que son imagination passait à l’œuvre. Qui serait-elle devenue si Grise n'était pas partie ? Si Bohème était resté ? Si William était encore seigneur ? Aurait-elle été différente ? Depuis toujours, elle avait eu ce côté distant et cette difficulté à se soumettre aux ordres. Mais aurait-elle continué à admiré son père, aimé sa mère et joué avec ses frères ? Ou serait-elle partie de l'Ombre pour aller à la découverte du monde, sans aucun scrupules puisqu'elle n'aurait laissé personne seul ? Elle n'en savait trop rien. Mais de toutes façons, rien de toute cela n'était arrivé : Grise avait fui l'Ombre et son amour, Bohème l'avait suivi et William avait fini par céder à sa folie. C'était étrange de voir le tournant qu'avait pris les choses. Qui aurait pu croire, au début lorsqu'ils étaient nés tous les trois, que rien ne serait parfait ? Ça aurait pu fonctionner et pourtant... pourtant Grise s'effaçait peu à peu de sa mémoire, tout comme Bohème et elle avançait dans la vie sans eux. Quant à William, il n'était plus rien. Et elle ne pleurait plus les pertes, elle ne haïssait plus les fantômes : sa vie l'attendait, pourquoi l'aurait-elle gâchée avec des regrets ?

    – C'est bien. Elle se redressa et croisa le regard de son père. C'est même sûrement mieux ainsi. Elléa hocha la tête : elle n'allait pas dire le contraire.

    Le silence retomba rapidement et chacun retourna à ses pensées. Elléa avait grandi comme une jeune femme normale : elle n'avait pas de fêlure particulière, ne se sentait ni constamment peinée ni brisée. Elle se sentait... pleine d'énergie, forte, jeune. Et il lui tardait d'être nommée Assassin pour enfin jouir de plus de liberté qui lui tendait les bras.

    – Et toi, que comptes-tu faire par la suite ?

    Un fin sourire s'étira sur ses lèvres. Elle n'avait pas pensé que William des Cendres lui poserait une telle question. Elléa n'était pas du genre à parler d'elle-même ou même à parler tout court, elle était de nature plutôt taciturne et sa langue n'était habituée aux longs discours. Il lui arrivait même de bégayer ou de ne pas trouver ses mots lorsqu'elle devait trop s'exprimer. Et puis, pensait-il qu'elle allait entière s'ouvrir à lui ? Sa question était vaste, libre à elle de dire ce qui lui plaisait. Son visage redevint un peu plus fermé et les secondes s'écoulèrent dans le silence avant qu'elle ne le brise.

     « Après cette entrevue, je compte rentrer dans la Maison de l'Ombre et continuer à vivre, comme avant. » Elle fit une pause. Vivre... c'était totalement ce qu'elle comptait faire.  « Je compte devenir Assassin, veiller sur Maximilian et quand le temps sera venu, je partirai loin de tout ça, de toutes ces Maisons et ces règles. Découvrir le monde, découvrir ce que ma vie me réserve, c'est ce que je compte faire par la suite, William. »

    Elle s'arrêta et l'observa un long moment avant d'achever sa tirade.

     « Parce que j'en suis persuadée, la vie vaut le coup d'être vécu, avec ou sans ceux qu'on aime. Je compte avancer et vivre. »

    Son regard pétilla pendant quelques secondes et elle redevint sérieuse. Avait-elle répondu à sa question ? Était-ce ce qu'il attendait d'elle ? Elle ne le savait pas et au fond, ça n'avait aucun importance. Parce qu'elle était un être libre et que ce que pouvait penser William d'elle ne l'intéressait pas.

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MessageSujet: Re: Retrouvailles - PV.   Jeu 2 Jan - 0:53


William ne s'attendait pas à un miracle. À vrai dire, il n'attendait pas grand-chose d'Elléa, si ce n'est de répondre ce que bon lui semblait. Il ne cherchait pas à se racheter une conduite, il savait déjà que tout ceci appartenait à un passé révolu, à une page de son histoire qui se tournait. Il avait conscience de ce que tout cela impliquait. Il avait conscience qu'on pouvait prendre cela pour une fuite de ses responsabilités. Mais il ne se sentait pas impliqué dans la vie de sa fille, et il suffisait de la regarder pour comprendre qu'elle ne voulait pas de son intervention. Elle était en âge de faire ses propres choix. Elle était déjà une jeune femme en devenir. D'ici peu de temps, elle serait adulte. Douze ans. Douze ans à ignorer son existence. Comment pouvait-on justifier une telle absence ? William n'aurait su dire. Il n'était pas sûr de comprendre lui-même à l'heure actuelle. Il avait l'impression de se réveiller. Se réveiller enfin. Il avait gâché sa vie ; c'était une évidence. Mais... regrettait-il véritablement, au fond ?... S'il avait été présent, aurait-il aimé sa fille ? L'aurait-elle aimé ? Tout cela lui paraissait flou, incertain. Se poser la question lui semblait pire, vain ; il n'avait pas besoin de se morfondre plus. Il ne savait pas ce que c'était, finalement, que d'être père. Il ne pouvait pas pleurer quelque chose qu'il ignorait. Il ne pouvait pas tenter de se rattraper, parce qu'il en était incapable. On ne le devient pas en claquant des doigts. Cette situation ne trompait pas. Ce silence non plus. Elléa répondit :
– Après cette entrevue, je compte rentrer dans la Maison de l'Ombre et continuer à vivre, comme avant.
Oui. C'était exactement cela. Rien n'allait changer dans leur vie. Lui allait continuer ici, à la Maison de la Rivière, de se reconstruire. Elle allait partir, retourner là-bas. C'était si simple. Si... évident. Mais n'y avait-il véritablement rien à tirer de tout cela ? Ce serait se voiler la face également de dire que cette entrevue n'avait servi à rien ; elle permettait d'enterrer le passé, de le rendre plus abstrait, moins présent. Il lui permettait à lui de ne plus avoir de regrets.
– Je compte devenir Assassin, veiller sur Maximilian et quand le temps sera venu, je partirai loin de tout ça, de toutes ces Maisons et ces règles. Découvrir le monde, découvrir ce que ma vie me réserve, c'est ce que je compte faire par la suite, William.
Elle avait prononcé son nom. Un long frisson le parcourut, et il comprit à cet instant précis qu'il avait tort. Elle n'était pas une inconnue. Elle n'était toujours pas sa fille non plus. Ils se connaissaient sans se connaître. Il ne pouvait pas faire semblant, faire comme si de rien était. Il retint un sourire. Elle aurait pu se contenter de ses premières paroles, ou l'envoyer balader. Quelque chose avait changé, en quelques minutes. Et il n'était pas sûr de pouvoir prédire l'avenir – pas.  certain de pouvoir prétendre à ce qu'elle reste éternellement enfouie dans le passé. Pourtant, elle disait vouloir partir. Mais c'était justement cela qui faisait écho en lui. Un esprit libre. Partir. Lui ne le pouvait pas, malgré tout. Enfin, si. Pourquoi songeait-il cela ? Bien sûr que si, il allait partir, après ; que faire d'autre ? Rester à la Maison de la Rivière ? Quelle connerie. Enfin. Le regard d'Elléa le perçait, le transperçait. Il comprit qu'il n'avait pas encore tout appris lorsqu'elle finit enfin par ces mot :
– Parce que j'en suis persuadée, la vie vaut le coup d'être vécu, avec ou sans ceux qu'on aime. Je compte avancer et vivre.
Pourquoi ? William resta muet, incapable de réagir l'espace d'un instant. Pourquoi ces mots résonnaient-ils en lui comme s'ils lui étaient dédiés alors qu'il savait pertinemment qu'il n'était nullement question de lui ? Il baissa son unique oeil. Il se laissa envahir par une émotion étrange. Une émotion sans nom. Il n'était pas sûr de pouvoir prétendre à grand-chose. Elle ne lui ressemblait pas. Elle ne ressemblait pas à Grise non plus. C'en était presque... soulageant. Il n'était pas son père, lui non plus. Il n'était pas sa mère. Cela le ramenait encore et toujours à se dire que ce n'était pas plus mal, de grandir seul, sans modèle, sans ombre dans laquelle se débattre. L'amour d'une famille. On ne s'en contente jamais. Du moins en était-il persuadé. Ce n'était pas de l'amour qu'il avait demandé ; c'était de la reconnaissance. Une identité. Il ne s'était toujours pas trouvé. Il n'avait jamais franchi les sentiers battus. Là encore, il avait voulu choisir la facilité, la fuite. Tout cela le faisait réfléchir. Tous ces mots prenaient sens. Il s'était laissé détruire. Il soupira. Puis chassa ces pensées de son esprit, encore. La vie continuerait. Avec ou sans lui. Réservait-elle véritablement un dessein à chacun d'entre eux ? Il l'ignorait. Il ne trouvait toujours pas de sens à son existence, des années après. Mais parfois, il suffisait d'espérer pour lui en donner.
Pourquoi pas... Nous verrons bien.
Simplement. Que dire de plus ? Il détourna le regard, songeur. Il n'y avait rien à ajouter.

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MessageSujet: Re: Retrouvailles - PV.   Lun 13 Jan - 0:31

    En prononçant ces mots, elle s'était rendue compte à quel point il lui tardait de devenir assassin. De se débarrasser de ce mentor à qui elle devait trop de respect, trop d'obéissance. De se libérer de ces chaînes qu'on lui avait imposée lorsqu'elle était devenue apprentie. Comment pouvaient-ils tous accepter ça ? Elle n'était peut-être pas assez disciplinée, pas faite pour vivre dans une Maison et servir un Seigneur. Elle ne supportait plus cet enfermement, ces paladins qui lui ordonnaient tout et rien parce qu'elle n'avait pas leur rang. Oui, Elléa avait hâte de passer au grade supérieur et de pouvoir partir, loin de tout ça, seule. Avancer dans l'inconnu le plus total, dormir à la belle étoile en ignorant ce qu'elle allait pouvoir manger, faire de nouvelles rencontres, risquer sa vie. Avancer, toujours. La jeune demoiselle posa à nouveau son regard sur William, satisfaite de contenter que sa haine s'était totalement transformée en indifférence. Elle soutenait toujours Maximilian, rien n'avait changé de ce côté là, mais ce qu'elle ressentait pour l'ex-Seigneur n'était plus aussi désagréable. À vrai dire, elle ne ressentait rien. Elle l'observa alors qu'il baissait la tête, comme si ses paroles l'avaient touché. Elle laissa le silence s'installer, consciente que cette rencontre touchait à sa fin.

    – Pourquoi pas... Nous verrons bien.

    Elle fut interpellée par cette réponse... il aurait très pu ne rien ajouter : qu'avait-il à dire de toutes les manières ? Rien du tout. William lui avait demandé ce qu'elle comptait faire, elle lui avait parlé de son futur, futur dont il ne semblait pas faire parti. Il n'avait plus de place dans sa vie depuis bien longtemps et elle doutait que cela change un jour. Elléa laissa le silence planer quelques secondes, son visage se détourna en direction de la rivière... Elle était venue l'admirer et finalement, elle avait passé son temps à discuter avec son géniteur... étrange. Finalement, elle haussa les épaules et regarda à nouveau William.

     « Adieu William. » finit-elle par lâcher.

    Elle ne resta pas une seconde de plus, se détournant, Elléa apprentie rebroussa chemin et retourna sur les Terres de l'Ombre. Elle n'avait certes pas pu découvrir comme elle le souhaitait la rivière, mais au moins, elle pouvait tourner la page définitivement et aller de l'avant.

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